Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Descendisse hic in certamen cum Zeuxide traditur et, cum ille detulisset uuas pictas tanto successu, ut in scaenam aues aduolarent, ipse detulisse linteum pictum ita ueritate repraesentata, ut Zeuxis alitum iudicio tumens flagitaret tandem remoto linteo ostendi picturam atque intellecto errore concederet palmam ingenuo pudore, quoniam ipse uolucres fefellisset, Parrhasius autem se artificem. Fertur et postea Zeuxis pinxisse puerum uuas ferentem, ad quas cum aduolassent aues, eadem ingenuitate processit iratus operi et dixit: « uuas melius pinxi quam puerum, nam si et hoc consummassem, aues timere debuerant. »
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Parrhasius entra en compétition avec Zeuxis : celui-ci avait présenté des raisins si heureusement reproduits que les oiseaux vinrent voleter auprès d’eux sur la scène ; mais l’autre présenta un rideau peint avec une telle perfection que Zeuxis, tout gonflé d’orgueil à cause du jugement des oiseaux, demanda qu’on se décidât à enlever le rideau pour montrer la peinture, puis, ayant compris son erreur, il céda la palme à son rival avec une modestie pleine de franchise, car, s’il avait personnellement, disait-il, trompé les oiseaux, Parrhasius l’avait trompé, lui, un artiste. On rapporte que Zeuxis peignit également, plus tard, un enfant portant des raisins : des oiseaux étant venus voleter auprès de ces derniers, en colère contre son œuvre, il s’avança et dit, avec la même franchise : « J’ai mieux peint les raisins que l’enfant, car, si je l’avais aussi parfaitement réussi, les oiseaux auraient dû avoir peur ».
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Dicono che costui contese del dipignere con Zeusi et havendo Zeusi arrecato uve depincte tanto appuncto che gl’ulceri (sic) credendo che fussino vere uve vi volavano. Nella scena lui produxe un lenzuolo dipincto elquale pareva tanto vero che Zeusi lo stimolava che rimovessi la vela e mostrassi la pictura e conosciuto l’errore si chiamo vincto con ingenua vergogna perche lui havea ingannato gl’uccelli e Parrhasio havea ingannato lui elquale era artefice. Dicono che dipoi Zeusi dipinxe un fanciullo che portava uve allequali volando gl’uccelli. Con la medesima vergogna s’adirò con lopera sua dicendo Io dipinxi meglio l’uve che el fanciullo. Imperoche se io havessi dipicto a perfectione el fanciullo gl’uccelli l’harebbono temuto.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Dicesi, che costui contese nel dipignere con Zeusi, et havendo quello portate uve dipinte, tanto simili, che nelle scene gli uccegli vi volavono sopra. Et esso vi produsse un lenzuolo dipinto, che in modo rapresentava il proprie, che Zeusi gonfiato pel giudicio degli uccegli, finalemente domandasse, che levato il lenzuolo, mostrasse la pittura, e conosciuto l’errore, gli concede la palma, con ingenua vergogna, perché esso haveva ingannati gli uccegli, e Parrasio se artefice. Dicesi che dipoi Zeusi dipinse un fanciullo, che portava uve, sopra lequali volando uno uccello, con il medesimo sdegno si adirò con la opera sua, et disse. Io ho dipinto meglio le uve che il fanciullo, perche se anchora questo havessi recato à perfettione, gli uccegli l’harieno temuto.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Dicono che questo Parrasio dipinse a pruova con Zeusi; e havendo Zeusi arrecate uve dipinte tanto bene, che gli uccelli credendo che fossero uve vere, volarono a beccarle; egli mise fuori un lenzuolo dipinto ilquale pareva tanto vero, che Zeusi solecitava pure a dirgli, ch’e’ levasse la vela, e mostrasse la pittura; e conosciuto l’errore, si chiamò per vinto con nobil vergogna ; perche egli haveva ingannato gli uccegli, e Parasio haveva ingannato lui, ch’era artefice. Dicono, che Zeusi dipinse poi un fanciullo, che portava l’uve, allequali volando gli uccegli, con la medesima vergogna s’adirò contra l’opera, dicendo, io ho saputo dipignere meglio l’uve, che’l fanciullo. Percioche se io havessi ridotto bene a perfettione il fanciullo, gli uccegli ne havrebbono havuto paura.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
On dit que Parasius presenta le collet, en fait de peinture, à Zeuxis, auquel combat Zeuxis produit sur l’eschaffaut un tableau de raisins peints si au vif, que les oiseaux le venoyent becquer sur l’eschaffaut mesme. Au contraire Parasius apporta un linceul peint si au naturel, que Zeuxis se glorifiant des becquades que les oyseaux avoyent donnees à ses raisins, dit tout haut, comme par moquerie, qu’il estoit temps d’oster le linceul, pour voir quelle piece Parasius avoit apportee. Mais cognoissant par apres que ce n’estoit que peinture, et se trouvant confus, usa neantmoins d’une grande honnesteté à ceder le prix à Parasius : disant, qu’il avoit bien eu le moyen de tromper les oiseaux : mais que Parasius avoit fait d’avantage de l’avoir trompé luy-mesme, qui s’estimoit consommé en l’art de peinture. On dit aussi que Zeuxis fit depuys un garçon, portant une grappe de raisins : et voyant que les oiseaux y venoyent becquer cint contre son tableau bien fasché, blasmant son ouvrage mesme, d’une grande sincerité, confessant qu’il avoit mieux fait les raisins que le garçon : car si le garçon eust esté fait entierement selon le naturel, les oiseaux eussent craint de venir becquer les raisins.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
On raconte que Parrhasius entra en lutte avec Zeuxis ; que celui-ci exposa dans cette lutte un tableau représentant des grappes de raisin, peintes tellement au naturel, que les oiseaux venoient les becqueter sur l’échaffaud ; que de son côté Parrhasius produisit un tableau représentant une toile avec tant de vérité ; que Zeuxis, tout orgueilleux du succès de ses grappes, et du suffrage des oiseaux, demanda avec instance qu’on levât enfin cette toile pour voir ce qui étoit dessous ; et qu’ayant reconnu son erreur, il s’avoua ingénuement vaincu, d’autant qu’il n’avoit trompé que les oiseaux, et que Parrhasius avoit trompé un artiste tel que Zeuxis. On dit qu’ensuiteVoyez Séneque, in Controv. 34, liv. 5. Zeuxis peignit un enfant portant des grappes de raisin, lesquelles un oiseau vint pour becqueter ; et qu’à cette vue il fit avec même ingénuité le procès à son ouvrage. J’ai mieux peint les grappes que l’enfant, s’écria-t-il ; car si j’eusse bien consommé celui-ci, l’oiseau auroit craint d’en approcher.


