Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Verum omnes prius genitos futurosque postea superauit Apelles Cous olympiade centesima duodecima. Picturae plura solus prope quam ceteri omnes contulit, uoluminibus etiam editis, quae doctrinam eam continent. Praecipua eius in arte uenustas fuit, cum eadem aetate maximi pictores essent ; quorum opera cum admiraretur, omnibus conlaudatis deesse illam suam uenerem dicebat, quam Graeci χαριτα uocant; cetera omnia contigisse, sed hac sola sibi neminem parem.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Mais celui qui ensuite surpassa tous les peintres précédents ou à venir fut Apelle de Cos, dans la 112e Olympiade. À lui seul il a presque davantage contribué que tous les autres au progrès de la peinture et a publié également des livres qui contiennent les principes de son art. Le point sur lequel cet art manifestait sa supériorité était la grâce, bien qu’il y eût à la même époque de très grands peintres; mais, tout en admirant leurs œuvres et en les comblant toutes d’éloges, il disait qu’il leur manquait ce fameux charme qui lui était propre et que les Grecs appellent Charis ; qu’ils avaient atteint à toutes les autres perfections, mais que, sur ce seul point, il n’avait pas d’égal.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Ma Apelle della isola di Choo fu nela centesima duodecima olympiade: elquale vinse quegli che furono innanci allui e quegli che furono dopo e piu cose truovo quasi lui solo che tutti gl’altri insieme e scripse volumi nequali si contiene quella dottrina. Fu excellente la sua venusta ne l’arte sua e nella eta sua furono excellenti pictori equali sommamente lodo. Ma disse mancare loro una certa venusta laquale e Greci chiamono charis benche havessino tutte l’altre cose et in questo nessuno essere pari a lui.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Ma Apelle superò dipoi tutti quegli che nacquono prima, e che dipoi sono per nascere. Et nella Olympiade .112. Proccede tanto avanti nella pittura, che piu cosa trovo quasi lui solo, che tutti gli altri, e truovansi anchora libri, che contengono quella dottrina. Et fu precipua venusta la sua nell’arte, avvegna che nella medesima età fussino grandissimi dipintori, l’opere dequali grandemente ammirava, e tutti laudava. Ma disse manchare loro quella una venusta, laquale i Greci chiamono charita, e che tutte le altre cose havieno, ma che in questa nessuno era pari à se solo.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Ma tutti quegli che nacquero prima di lui, e tutti quegli ancora che vennero dopo lui furono vinti da Apelle, il quale nella Olimpia centodicesima fu di si grande nella pittura, ch’egli solo fece in essa quasi maggior profitto, che tutti gli altri insieme e compose anco libri, iquali trattano quella dottrina. Ma sopra tutto egli uso leggiadria nell’arte, ancora che a quel tempo fossero grandissimi pittori; le cui opere essendo da lui molto ammirrate e lodate, usava dire, che mancava loro una certa venere, che i Greci chiamano charite, e noi gratia; e ch’essi havevano havuto tutte l’altre perfettioni, e in questa sola niuno gli era eguale.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
Mais quoy que soit, Apelles seul a surmonté non seulement tous les peintres qui l’avoyent precedé, mais aussi ceux qui sont venus depuis. Il estoit en regne la CXII Olympiade, et si consommé en cest art, qu’on tient que luy seul l’a plus, ou autant illustré, que tous ceux qui l’avoyent precedé : aussi en fit-il plusieurs livres, où tous les secrets de cest art sont comprins. Toutesfois le principal poinct qu’il avoit, estoit que toutes les peintures avoyent une certaine grace inimitable. Et neantmoins il y avoit de son temps plusieurs excellnes (sic) peintres, lesquels luy mesme admiroit : et ayant veu leurs besongnes une par une, les louoit merveilleusement, et disoit qu’il n’y avoit rien à redire, hormis que toutes avoyent faute d’une certaine venus c’est à dire que toutes leurs besongnes avoyent faute de grace que les Grecs appellent Charis, en laquelle il les precedoit tous.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Mais un peintre qui surpassa tous ses devanciers, et à qui il étoit réservé d’éclipser encore tous ses rivaux futurs, c’est Apelle de CosStrabon, liv. 14 ; Elien, Hist. Anim. liv. 4 ; et Tzetzès, Chil. 8, Hist. 197, le font toutefois Ephésien. Cela vient sans doute de ce qu’Apelle fut honoré du droit de bourgeoisie à Ephese., qui florissoit dans la cent douzieme Olympiade. Il ajouta, presqu’à lui tout seul, à l’art de la peinture, plus que tous les autres peintres ensemble, ayant même laissé des volumes qui contiennent tous les principes sur lesquels ce bel art est fondé. Le principal mérite d’appel (sic) est l’élégance. Il y avoit de son tems de très habiles peintres ; il étoit le premier à les admirer ; mais après leur avoir rendu justice sur leur mérite réel, il dit un jour qu’il leur manquoit un seul point seulement, la grace Quintilien, liv. 12, chap. 10, p. 894 : ingenio, et gratiâ, quàm in se ipse maximè jactat, Apelles est praestantior. ; qu’ils avoient en partage toutes les autres perfections ; mais que celle-la lui avoit été réservée exclusivement à tout autre.