Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Quamquam Alexander honorem ei clarissimo perhibuit exemplo. Namque cum dilectam sibi e pallacis suis praecipue, nomine Pancaspen, nudam pingi ob admirationem formae ab Apelle iussisset eumque, dum paret, captum amore sensisset, dono dedit ei, magnus animo, maior imperio sui nec minor hoc facto quam uictoria aliqua. Quippe se uicit, nec torum tantum suum, sed etiam adfectum donauit artifici, ne dilectae quidem respectu motus, cum modo regis ea fuisset, modo pictoris esset. Sunt qui Venerem anadyomenen ab illo pictam expari putent.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Au reste Alexandre manifesta l’estime qu’il avait pour lui en une circonstance très remarquable. En effet il avait demandé à Apelle de peindre nue, par admiration pour sa beauté, sa maîtresse favorite qui s’appelait Pancaspé ; s’étant aperçu qu’en exécutant cet ordre Apelle en était tombé amoureux, il lui en fit cadeau: preuve de magnanimité, d'un contrôle de soi plus grand encore, cet acte ne l'illustra pas moins qu'une quelconque victoire.Car ce fut une victoire sur lui-même et ce ne fut pas seulement une concubine, mais une femme chérie qu'il donna à l'artiste, sans même avoir d'égards pour les sentiments de la favorite, qui passait des bras d'un roi dans ceux d'un peintre. Certains inclineraient à croire qu'elle fournit le modèle pour la Vénus Anadyomène qu'il exécuta.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo di latino in volgare tradotta per Christophoro Landino, et novamente in molti luoghi, dove quella mancava, supplito, et da infiniti errori emendata, et con somma diligenza corretta per Antonio Brucioli. Con la tavola…
et Alexandro molto l’honoro: imperoche havendo una delle sua concubine chiamata Campaspe molto bella et perche l’amava assai mostrandola nuda a Appelle accioche la dipignessi et accorgendosi che ancora Appelle se n’era innamorato gliene dono. Grande d’animo et magiore che lo imperio suo, ne fu minore per questo che per alcuna sua victoria, ne solamente dono el lecto suo all’artefice: ma ancora la sua affectione. Ne hebbe riguardo a quella laquale lui amava che havessi a lasciare un re per un pictore. Alcuni credono che lui dipignessi Venere dionea all’exemplo di costei.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Benche Alexandro gli fece honore con famosissimo esemplo. Perche havendo una delle sue cuncubine grandemente da lui amata, per nome Campaspen, la mostro nuda à Apelle, perche la dipignesse, per la ammiratione della forma, et accorgendosi che quello era preso di pari amore, gliela dette in dono, magno di animo, maggiore dello imperio suo, ne minore per questo fatto che per alcuna vittoria. Perche vinse se stesso, ne dette solamente il letto suo, ma anchora l’affetto allo artefice, ne fu mosso dal respetto della donna amata, laquale hora fusse di uno Re, et hora di uno dipintore. Sono alcuni che pensano, che dipignesse Venere anadyomene allo esemplo di costei.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
ancora che Alessandro con un chiarissimo esempio gli fece un grande honore. Percioche havendosi egli fatto ritrarre ignuda una sua femina bellissima e molto favorita, laquale haveva nome Campaspe, da Apelle, intendendo come egli per rispetto della sua gran bellezza, fieramente s’era innamorato di lei gliene fece presente. Huomo d’animo veramente grande, e maggiore perche sapeva comandare anco a se stesso; ne punto minore per questo atto, che per alcuna vittoria sua. Percioche egli vinse se stesso, ne solamente il letto suo, ma il proprio amore ancora donò a quello artefice: tanto ch’egli non hebbe pur rispetto alla sua favorita, volendo, che quella che dianzi era stata donna d’un re, fosse hora d’un pittore. Alcuni dicono, che la Venere Anadiomene fu ritratta da lui al naturale di quella donna.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
Et de fait, Alexandre monstra bien par un acte notable, combien il estimoit Apelles. Car ayant une de ses concubines, nommée Campaspé de beauté admirable, et excellente pour l’amitié qu’il luy portoit, et pour la grande et recommandable beauté d’icelle, il voulust qu’Apelles la peignit au vif. Et voyant qu’Apelles mesmes se trouva frappé du mesme dart qu’il estoit, il la luy donna : montrant bien en ce la grandeur de son cœur, de commander ainsi à soy-mesme : en quoy il acquit bien autant de gloire, qu’il eust fait en une bien grande victoire. Car en premier lieu, il se vainquit soy-mesme : et ne fit seulement part à Apelles de son lict : mais aussi luy donna son affection, sans avoir esgard à l’amitié qu’il portoit à celle qui tomboit des mains d’un si grand roy que luy, entre les mains d’un peintre. Aussi dit-on qu’Apelles fit sur le vif d’icelle une Vénus sortant de l’escume de la mer, dont sera parlé cy après.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Alexandre une autre fois lui donna une marque à jamais mémorable de sa considération ; car lui ayant donné à peindre nue, comme un modele de beauté, Campaspe, celle de ses concubines qu’il chérissoit le plus, et s’étant apperçu que la beauté de Campaspe avoit touché le cœur d’Apelle, il lui céda cette maîtresse. Alexandre fut sans doute bien grand par son courage ; mais avouons qu’il fut plus grand encore par cette action généreuse, où il se montra maître de lui-même, et que nulle autre victoire ne lui mérita, à plus juste titre, le surnom de Grand : car ici c’est Alexandre vainqueur d’Alexandre, et qui abandonne non seulement une concubine, mais la maîtresse qu’il aime le mieux, sans même considérer si celle-ci perdra au change, en devenant la maîtresse d’un peintre après avoir été celle d’un roi. Il y en a qui pensent que la Vénus anadyomène, ou sortant de l’onde, et qu’on fait être d’Apelle, n’est autre que ce même tableau où Apelle avoit représenté Campaspe nue.











