Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Inuenta eius et ceteris profuere in arte ; unum imitari nemo potuit, quod absoluta opera atramento inlinebat ita tenui, ut id ipsum, cum repercussum claritatis colorum omnium excitaret custodiretque a puluere et sordibus, ad manum intuenti demum appareret, sed et tum ratione magna ne claritas colorum aciem offenderet ueluti per lapidem specularem intuentibus, et e longinquo eadem res nimis floridis coloribus austeritatem occulte daret.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Ses inventions dans le domaine artistique ont aussi profité aux autres. Mais l’une d’elles n’a pu être imitée par personne : c’est celle qui consistait, une fois ses tableaux terminés, à y passer une couche d’atramentum si légère que, formant une surface réfléchissante, elle produisait une couleur blanche due à l’éclat lumineux, tout en constituant une protection contre la poussière et les saletés ; elle n’était visible que de tout près, mais même en ce cas, grâce à un savoir-faire accompli, elle empêchait que l’éclat des couleurs ne blessât la vue – comme si l’on regardait au travers d’une pierre spéculaire – ; et de loin le même procédé donnait, sans que l’on s’en aperçut, un ton plus sombre aux couleurs trop éclatantes.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Ma una cosa nessuno pote imitare. Imperoche impiastrava l’opere sue gia finite con si sottile atramento che quello per reflexione de lumi excitava lo splendore a gl’occhi e conservava la pictura dala polvere e da ogni bruttura. Ma con grande ingegno acioche lo splendore de colori non offendessi gl’occhi perche cosi era come guattarla dalla lungi per pietra trasparente. Onde la medesima cosa dava occultamente una certa austerita a colori floridi.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Et le sue inventioni giovorno ancora agli altri nell’arte. Una sua inventione, nessuno potette mai imitare, che le opere sue quando erano finite impiastrava con si sottile atramento, che anchora a questo stesso, col ripercotimento degli occhi, eccitassi le clarita, e custodissi dalla polvere, e dalle sporchezze, e finalmente apparisse à quello che dapresso guardava. Ma, e con gran ragione, accioche la clarita degli occhi non offendesse la vista, essendo come se si guardasse da lungi per pietre trasparenti, e la medesima cosa occultamente dava austerita à colori troppo floridi.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Le inventioni sue giovarono a gli altri ancora nell’arte. In una cosa sola non fu niuno che lo potesse imitare; e cio fu, che fornite che egli haveva l’opere, dava loro una tinta nera tanto sottile, che col ripercuotere rilevava in un tempo la chiarezza de’ colori, e parte la difendeva dalla polvere e dalle sporcherie, e finalmente le faceva parere di rilievo a chi le guardava. Ma cio faceva egli con gran ragione, accioche la chiarezza de’ colori non offendesse la vista, essendo come se si guardasse da lunghi per pietre trasparenti, e la medesima cosa dava occultamente austerità a’ colori troppo fioriti.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
En somme, les inventions geniales qu’il controuvoit pour mettre en peinture, ont depuis servi grandement aux sectateurs de cest art. Il avoit un secret de faire un vernix fort subtil dont il vernissoit ses besongnes parachevees, lequel y estoit posé si subtilement, qu’il n’a esté possible à homme de pouvoir atteindre à ceste subtilité, ny à ce vernix : et neantmoins il donnoit lustre par ce moyen à sa peinture, et la contregardoit et de la poudre, et de toute autre ordure : et à toucher ses tableaux, on se trouvoit la main barbouillee dudit vernix. Et certes l’invention de ce vernix servoit grandement en ce temps là, pour garder que la trop grande gayeté des couleurs ne fust fascheuse aux yeux. Et de fait, il sembloit à considerer de loin sa besongne, qu’il y eut de talc lapis specularis devant, car ce vernis meurtrissoit tellement la gaieté des couleurs qu’elles en sembloyent plus rudes et plus obscures.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Ses inventions furent d’une grande utilité aux autres peintres dans leur art. Mais nul d’eux ne put imiter sa méthode d’enduire ses ouvrages les plus parfaits d’un atrament (ou vernis) si subtil, qu’en servant de lustre aux couleurs, par les reflets de lumière, et en les garantissant de la poussiere et des ordures, il étoit d’ailleurs parfaitement diaphane, et impossible à saisir à la vue, mais seulement au tact : invention d’un but vraiment ingénieux, dont l’effet est de rendre moins dures les masses de lumiere, et de les faire voir de près, comme on les verroit de loin par l’entremise d’une lame de pierre spéculaire ; comme aussi de jetter une ombre tendre, propre à brunir et à tempérer les couleurs trop florides.