Anecdote · Fiche 72

Zeuxis mort de rire

Fortune textuelle et iconographique d’un récit antique, ordonnée par sources, langues et représentations.

Statut
Notice publiée
Identifiant historique
72
Lecture
Chronologique

Chronologie documentaire

Chronologie des attestations et de la transmission

23 textes affichés

0–100Date de rédaction
latinTexte 4375 · Source 753

De verborum significatu

Flaccus, Verrius

Pictor Zeuxis risui mortuus, dum ridet effuse pictam a se anum, γραῦν, cur hoc modo relatum sit a Verrio, cum de significatu uerborum scribere propositum habuerit, equidem non uideo, cum uersiculos quoque addere.

1500Publication originale
latinTexte 4713 · Source 491

Collecteana Adagiorum

Érasme (Desiderius Erasmus) · vol. 3, p. 204

Dioscorides lib.VI inter uenena prodidit herbae speciem esse quandam, quam quidam ranunculum appellant Latine, Graeci batrachion ; eam a regione, in qua copiosius prouenit, Sardoam siue Sardoniam dicunt, quae pota siue comesa mentem adimat labiisque contractis risus speciem praebeat. Atque inde in hominum uitam sinistri ominis uenisse de risu Sardonio prouerbium. Meminit huius herbae et Plinius lib. XXV circa finem. Strabo Geographiae lib. XI scribit in Cambysena, quae flumen Alazonium accolit, aranearum genus quoddam nasci, quod alios ridendo cogat emori, alios flendo desiderio suorum. Quidam addunt de tarcotella, cuius morsum interitus cum risu sequatur. Quin et Aristoteles De partibus animalium lib. III. ait ictu etiam traiecta praecordia in praeliis risum attulisse literis proditum esse, idque accidere calore, quem moueat uulnus. Mortuus est et Zeuxis pictor ridendo, dum sine fine ridet anum a se pictam, et Crysippus conspiciens asinum uescentem ficis.

françaisTraduction 4716

Érasme (Desiderius Erasmus) — Collecteana Adagiorum

Dioscoride avança, livre 6, à propos des poisons, qu'il y avait une espèce de plante que certains appelle renoncule en latin, et batrachion en grec; elle porte, dit-on, le nom de "plante de Sardaigne" ou "plante sarde", de la région dans laquelle elle pousse en abondance. Bue ou mangée, elle ferait perdre la raison et donnerait aux lèvres contractées l'apparence du rire. Et c'est de là, dit-on, qu'est né le proverbe d'un sinistre présage dans la vie des hommes, au sujet du rire sardonique.

Pline aussi se souvient de cette plante, vers la fin du livre 25. Strabon, dans le livre 11 de sa Géographie, écrit qu'en Cambysena, limitrophe du fleuve Alazone, vit une espèce d'araignées qui provoque la mort par le rire pour les uns, par les pleurs dus au regret de ceux qu'ils ont aimés pour les autres. Certains en rajoutent au sujet de la tarentule, dont la morsure est suivie de la mort avec rire.

Et Aristote ne dit-il pas dans les Parties des animaux, livre 3, qu'il a été rapporté que lors de combats le percement du diaphragme par un coup aurait provoqué le rire, et que cela arrive à cause de la chaleur que la blessure produit. Le peintre Zeuxis est mort de ne pouvoir s'arrêter de rire d'une vieille femme qu'il peignait, ainsi que Chrysippe, lui, en voyant un âne qui se régalait de figues.

1579Publication originale
françaisTexte 4379 · Source 183

Traité du ris

Joubert, Laurent · p. 347-352

Mais que répondrons-nous de ceux, qu’il conte par écrit être morts du vrai ris ? On avait apprêté des figues à Philémon Diogène Laertien attribue cette histoire à Chrysippe philosophe stoïque. Et il peut bien être advenu de même à tous deux. Son âne les vient manger en sa présence. Il crie au serviteur, qu’on le vienne chasser ; mais le garçon arriva trop tard, qui était allé quérir du vin. Auquel Philémon dit, Puisque tu as été si tardif, donne maintenant ce vin à l’âne. Lors voyant que l’âne en buvait, le bon vieillard se mit tellement à rire, qu’il en étouffa. Verrius a témoigné, que Zeuxis très excellent peintre, mourut en riant sans fin, de la grimace d’une vieille que lui-même avait peinte. Monsieur Boissonade médecin d’Agen, docte, expert et diligent, homme de bien et d’honneur, m’a témoigné que la paumière (c’est-à-dire la maîtresse du jeu de paume) de ladite ville d’Agen, femme âgée, mourut à force de rire, oyant conter une chose fort inopinée, étrange et ridicule. Il est vrai que ces exemples sont fort rares ; si est-ce qu’au premier livre nous avons donné une atteinte à ce doute, comment il se peut faire que le ris amène la mort. Dont il nous reste ici à expliquer plus exactement, comment cela advient. Je pense que la principale cause de la mort, qui procède du ris, est la faute de respirer. […] Il faut ajouter à ceci, que Philémon était vieux, ainsi que dit l’histoire. Or il est certain, que les vieux ont peu de chaleur et de force ; dont il est plus aisé qu’ils meurent soudain de joie, ou d’autre affection, que les jeunes. Et que Zeuxis aussi fut vieux, outre ce que nous en lisons, il est bien vraisemblable ; d’autant que chacun se rend toujours avec le temps plus parfait et excellent en son art. Si la grâce et perfection de son ouvrage lui donna l’occasion de rire excessivement, et de mourir ensemble, on peut bien conjecturer de cela, que l’ouvrage était merveilleux, et le peintre fort consommé en son art. Ainsi la paumière d’Agen, pour être vieille (paraventure) à jeun, outre ce qu’aux femmes la chaleur naturelle est plus débile, et le lien de l’âme plus fragile, put bien mourir de rire. Je cuide avoir satisfait par ces raisons, au problème et question qu’on pouvait faire, de ceux qui meurent de rire. Ce sont exemples et événements fort rares, dont aussi le fait requière plusieurs conditions.

1587Publication originale
italienTexte 4380 · Source 16

De’ veri precetti della pittura

Armenini, Giovanni Battista · p. 41-42

Né io so, oltre a questo, se sarà creduto vero quello che già molti francesi in Roma affermavano per vero e che era in Francia accaduto, non era gran tempo; e ciò fu che, avendo uno eccellentissimo pittor francese un dí, per suo capriccio, dipinto ad una sua villa vicino a Parigi sopra il muro una antica femina di turpissima forma, sí come si vede che aviene ad alcune per la gravezza del troppo tempo e, dettolo ad un suo carissimo amico, che desideroso era ciò veder prestamente, come quello che molto ben sapeva quanto egli in quel fare si portasse eccellentissimamente, di subito vi corse e, senza tempo, incominciò con sí smisurata attenzione a riguardar fisso in quelle difformità sí straordinarie, che, divenuto tutto immoto per il soverchio piacer dell’animo nel quale egli era, che al fin, ricopertoseli gli occhi e perduto ogni sentimento e vigore, il misero si morí.

1604Publication originale
néerlandaisTexte 4381 · Source 380

Het Shilder-boeck

Van Mander, Karel · fol. 68. b., reg. 47.

Zeuxis soude wesen gestorven, uytwarende met onmaetlijck lacchen, hem verslickende, nae t’ leven  schilderende een berimpelt oudt drolligh Wijf. Dit betuyght Verrius Flaccus in zijn boecken van de beteyckeninghe der woorden, daer hy aentrecht Sex. Pompeum Festum. Hier op heeft eenigh poeet ghestelt dese versen :

Hoe lacht ghy sonder maet ? oft wilt ghy g’lijcken even

Den Schilder, welcken is van lacchen doot ghebleven ?

1642Publication originale
italienTexte 4383 · Source 46

Trattato della pittura

Bisagno, Francesco · p. 223

suit Zeuxis et Parrhasios Ma prima dirò alcuni accidenti avvenuti, che non saranno fuori di proposito per dimostrare la forza, e eccellenza del colorito, quali saranno li seguenti. Un eccellentissimo pittore francese un dì per suo capriccio, dipinse ad una sua villa vicino a Parigi sopra il muro una antica femina di turpissima forma, sicome si vede che avviene ad alcune per la gravezza del troppo tempo, e dettolo ad un suo carissimo amico, che desideroso era ciò veder prestamente, come quello, che molto ben sapeva quanto egli in quel fare si portasse bene, di subito vi corse, e senza indugio alcuno incominciò con sì smisurata attentione a riguardar fisso in quelle difformità sì straordinarie, che divenuto tutto immoto per il soverchio piacere dell’animo, nel quale lui era, che al fine ricopertoseli gli occhi, e perduto ogni sentimento, e vigore, il misero si morì.

1648Publication originale
italienTexte 4384 · Source 331

Le meraviglie dell’arte, overo le vite de gl’illustri pittori veneti, e dello stato

Ridolfi, Carlo · p. 6

E si racconta, ch’egli morisse per troppo ridere, mirando una vecchia da lui dipinta ; il che fù accennato da certo antico scrittore in questa guisa.

Nam quid modus facturus risu denique ?

Nisi pictor fieri vult, qui risu mortuus est.

1652Publication originale
italienTexte 4385 · Source 257

Trattato della pittura et scultura, uso et abuso loro

Ottonelli, Giovanni Domenigo ; Berettini, Pietro · p. 246-247

Procuri l’artefice nell’esprimere le ridicole deformità moderar in modo che non cagioni riso troppo dannoso : se bene io credo, che a tempo nostro niuno farà morire alcuno spettatore come in altro tempo alle volte è avvenuto. Ho letto Armenini l. 1. c. 3, che un francese pittore eccellentissimo aveva per suo capriccio dipinto in certa villa poco lunghi da Parigi una femina d’apparenza vecchia, ridicola, e brutissima : lo disse ad un’amico, il qual desideroso di vederla, vi si trasferì, e cominciò con tanto insolita attenzione a riguardar fisso quelle ridicole e straordinarie deformità, che ne divenne immobile per lo soverchio piacer dell’animo ; et alla fine chiudendo gl’occhi, e perdendo ogni sentimento, e vigore, l’infelice se ne morì : morte degna di poca compassione, per essere comprata col prezzo di troppo riso. Un altro caso simile, ed anche più maraviglioso avvenimento leggesi dell’antico e famoso Apelle Plin. 35. c. 10 Annot. Lit. a.p. 740. Dipinse una vecchiarella co’ suoi colori tanto proprii, e naturali, che potè consolarsi dicendo : “Ho fatto un opera espressiva in tutto del concetto ed idea dell’animo mio.” Effigliola in modo, che se ne stava sul canto d’un camino vicina ad un picciol fuoco, quasi covando le ceneri, per riscaldar le membra della senile e raffreddata persona. Occorse poi un giorno, che Apelle, stando tutto malinconico, cominciò, per ricrearsi alquanto, a mirare attentamente la dipinta e ridicola vecchiarella, e sentissi muovere a ridere con tanto affetto, che, non solo subito cacciò la malinconia, ma, non potendo moderare il riso, forzato fù di spirare l’anima, e di morire : nel che si verificò la sentenza di Tullio l. 2 de orat. Ita repente risus erumpit, ut eum cupientes tenere nequeamus. Anche l’antico Crasso, benché nominato fusse Agelastos, per essere giunto all’età senile senza mai ridere, quando vidde, che un giumento mangiava cardi spinosi, non potè ritenere il riso, onde nacque il proverbio. Similes habent labra lactucas.

1667Publication originale
italienTexte 4386 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 17

Verr. Fl. app. Festo in Pictor. V. le note. XX Aveva egli dipinto una vecchia, la quale poi attentamente riguardando rise tanto di cuore, ch’e’ si morì, come anche d’altri si legge essere adivenuto.

1667Publication originale
italienTexte 4387 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 40

XX. Aveva egli dipinto una vecchia. Festo Pompeo alla V. Pictor. Pictor Zeuxis dum ridet effusè pictam a se anum γραῦν. Cur hoc relatum sit a Verrio cum de significatu verborum scribere propositum habuerit, equidem non video, cum versiculos quoque addere… tulerit, et ineptos pati, sed nullius praetoris praetesto nomine, qui tamen sunt ii. Nam quid modi facturus risu denique ? Nisi pictor fieri vult, qui risu mortuus est. Sopra le quali parole molte sono le varie lezione de’MS. e particolarmente de’frammenti farnesiani, le quali veggansi nelle migliori edizioni da chi n’avesse vaghezza. Solamente osservo che lo Scalig. leva la voce anum come soverchia, e che forse fu posta per chiosa della voce greca γρανῦ che così andrebbe corretta. Leva in oltre la voce praetoris, la quale altri leggevano auctoris, o poetae, e legge. Sed nullius praetexto nomine. Trovasi questa voce in tutti gli stampati e MSS. e quel che importa negli stracci dell’antichissimo testo Farnese. Ond’io m’indurrei più tosto a correggere, che a cancellare, benchè io sia molto nemico dell’usanza moderna di emendare così arditamente per conghiettura; e direi. Nullius pictoris praetexto nomine. Perchè vero è che de’ due versi citati non si pone l’autore, ma egli è anche vero che in essi non si legge il nome del pittore che si morì per le risa. Ma lasciamo la critica, e torniamo alla storia.

Come d’altri ancora si legge essere adivenuto. Di Crisippo lo racconta Laerzio a 209. Di Filemone Val. Mass. L. 9. c. 12. Di P. Crasso Tertull. d. Anim. n. 52. Ved. M. Menag. nelle Dotiss. Osserv. a Laerz. a 200. Ant. Laurent. de Ris. l. 2. Elpid. Berrettar de Ris. c. 10.

La morte stravagante di questo artefice mi diede già occasione di comporre il presente sonetto.

Nacque piangendo, al fin ridendo muore

Chi dar vita a’ colori ebbe ardimento,

Dunque è grave cordoglio il nascimento,

E conforto la morte, e non dolore.

Ma se’l riso è mortale, e qual terrore

Porterà seco il pianto ? e qual contento,

Se gli arreca il gioir fiero tormento,

Potrà sperare in questa vita un core ?

Misero chiamerem dunque chi ride,

Fortunato chi gli occhi aperse al pianto,

Se da l’essere il pianto, e’l riso uccide.

Anzi folle direm chi si dà vanto

Di non pianger vivendo ore omicide,

Folle chi ride, ed ha la morte accanto.

1678Publication originale
néerlandaisTexte 4389 · Source 175

Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Hoogstraten, Samuel van · p. 78

voir le reste dans Zeuxis Hélène En eyndelijk in zijn oude Bestemoer zijn wonderlijken aert, want hy lachte zich zelven te berste.

1678Publication originale
néerlandaisTexte 4391 · Source 175

Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Hoogstraten, Samuel van · p. 110

d’Oogen Onder alle deelen des gelaets schijnt de meeste veranderingh in de oogen, die
dikwils door een onmerkbare beweeging nu een blygeestich schijnsel uitgeven, of door eenige droefachtige wolken benevelt schijnen. Blytschap In wereltsche menschen
beeltmen laetitia dat is blyschap uit, maer in de geene die na Godt leven, gaudium, dat is, verheuginge. Praxiteles maekte Lacchen van beeldstof een zeer blijde
lacchende tronie, en daer tegens een andere zeer natuerlijk schreyende, beyde na de gelijkenisse van Phryne; betoonen-in twee gelijke tronien zoo verschillende
driften. Zoo had ook den Gietkonstenaer Myron vermaek in een oudt geestich
dronken wijf met een byzondere aerdicheit uyt te beelden, waer door hy grooten
roem behaelde. Maer zulk een vreugde bequam Zeuxis zoo wel niet: want terwijl
hy met diergelijk een drollige bes na’t leven te schilderen bezich was, barste hy
zelfs zoo geweldich in lacchen uit, dat hy daer van verstikte en storf. Een Sardonise lach is die niet over de lippen komt, en zoo loeg Tygranes in’t bedekken van 
verbaestheyt. suite : Timanthe

françaisTraduction 4392

Hoogstraten, Samuel van — Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Chez les hommes du monde, on représente de la laetitia (gaieté). Mais chez ceux qui vivent avec Dieu, on montre de la gaudium (joie). Praxitèle fit en pierre un très joyeux visage riant et, au contraire, un autre pleurant très naturellement, tous deux à la ressemblance de Phryné, montrant en ces deux visages semblables de si différentes passions. C’est ainsi également que le bronzier Myron s’amusa à représenter une vieille femme ivre, pleine de vivacité et avec un charme particulier qui lui valut une grande célébrité. Mais Zeuxis ne se remit pas si bien d’une telle joie. Alors qu’il était occupé à peindre sur le vif une semblable drôle de petite vieille, il fut pris d’un éclat de rire si violent qu’il s’étouffa et en mourut. Un rire sardonique ne parvient pas à s’exprimer. C’est ainsi que mentait Tigrane en dissimulant son étonnement.

1681Publication originale
françaisTexte 4393 · Source 151

Des peintres anciens et de leurs manières

Germain · p. 128

Au reste, on dit que ce peintre mourut à force de rire, considérant avec trop d’attention le portrait d’une vieille, qu’il avoit représentée d’une posture si grotesque, qu’elle étoit capable d’exciter le ris aux plus sérieux.

1697Publication originale
françaisTexte 4394 · Source 38

Dictionnaire historique et critique

Bayle, Pierre · p. 1280

On dit qu’ayant peint une vieille femme, il se mit tellement à rire à la vue de ce portrait, qu’il en mourut. C’est Verrius Flaccus qui le raporte. (I)

(I) Il y joint deux vers qui font allusion à cette aventure,

Nam quid modi facturus risu denique,

Ni pictor fieri vult qui risu mortuus est ?

Mais s’il est vrai que Zeuxis soit mort de la sorte, comment a-t-il pu se faire que si peu d’auteurs en ayent parlé ? Qu’y avoit-il dans toute sa vie d’aussi digne de remarque, qu’une telle singularité de sa fin ? Cependant parmi cette foule d’anciens qui ont fait mention de Zeuxis, il n’y a que Verrius Flaccus qui nous ait apris cette singularité. Encore l’a-t-il fait par hasard, et si peu à propos qu’il en a été grondé par son abbreviateur Pompeïus Festus, comme si un fait de cette nature n’eût pas dû entrer dans un ouvrage, où l’on s’étoit proposé de traiter de la signification des mots. Je voudrois que nous eussions le passage de Verrius Flaccus en son entier. Ce qui nous en reste étoit dans le plus pitoyable état du monde, avant que Joseph Scaliger y eût apliqué sa critique divinatrice. Si Mrs. Moreri et Hofman avaient connu cette source, ils l’auroient indiquée, comme cela se devoit, et ils nous eussent donné les deux vers latins un peu plus intelligibles. Le bon Ravisius TextorOfficina ou Theatrum historicum, lib. II, cap. LXXXVII. n’a point mis notre peintre dans son catalogue de ceux qui sont morts de rire : c’est sans doute une omission involontaire. Notez que Simon Mayol évêque de Volturara s’est fort trompé sur ce fait. Zeuxis pictor, dit-ilSimon Majolus, Dierum Canicularium, colloq. IV, pag. 165, édit. Romanae 1597., deformissimam spectans quandam picturam solutus in risum expiravit. Verrius alter pictor quod anum quandam deformissimam pinxisset eandem mortem in risum solutus obiit, Rhodigino teste lib. 4. cap. 18. Il y a un gros peché d’omission dans ce qu’il conte de Zeuxis, et un peché énorme de commission dans le reste : car ce Verrius prétendu peintre et mort de rire, est un personnage chimerique ; outre que Rhodiginus est très mal cite. Voyez la margeZeuxin pictorem risu emortuum prodidit Verrius, dum anum a se pictam ridet affluentius. Caeolius Rhodiginus, lib. IV, cap. XVIII, pag. 107. ; vous admirerez la metamorphose des pensées copiées par certains compilateurs : elle est quelquefois aussi surprenante que celles d’Ovide.

1697Publication originale
italienTexte 4395 · Source 338

La Pittura in giudicio overo il bene delle oneste pitture e’l male delle oscene

Rosignoli, Carlo Gregorio · p. 14

A Zeusi la figura d’una Vecchierella da lui pennelleggiata in forma naturale, grinza, sdentata, bavosa, incurva, tutta ridicola, cagionò sì smoderato riso, che in contemplarla rimase improvisamente privo di vitaOtton. c. 3. Q. 9.. A quanti pittori le lor oscene imagini recheranno non già col riso, ma col pianto la morte eterna.

1699Publication originale
françaisTexte 4396 · Source 287

Abrégé de la vie des Peintres, avec des reflexions sur leurs ouvrages, et un Traité du Peintre parfait, de la connoissance des Desseins et de l’utilité des Estampes

Piles, Roger de · p. 114

Festus dit que le dernier tableau de ce peintreZeuxis. est le portrait d’une vieille, et que cet ouvrage le fit tant rire qu’il en mourut. Quoy que la chose soit difficile à croire, elle n’est pas sans éxemple.

1730–1738Publication originale
françaisTexte 4397 · Source 336

Histoire ancienne, tome XI, livre XXIII

Rollin, Charles · p. 156

Festus in voce Pictor rapporte que le dernier tableau de ce peintre fut le portrait d’une vieille, et que cet ouvrage le fit tant rire, qu’il en mourut. Il est étonnant que nul autre auteur que Verrius Flaccus, cité par Festus, n’ait raporté ce fait. Quoique la chose soit difficile à croire, dit M. de Piles, elle n’est pas sans exemple.

1752Publication originale
françaisTexte 4398 · Source 187

Dictionnaire portatif des beaux-arts ou abrégé de ce qui concerne l’architecture, la sculpture, la peinture, la gravure, la poésie et la musique

Lacombe, Jacques · p. 705

Si l’on en croit Festus, ce peintre ayant représenté une Vieille avec un air extrêmement ridicule, ce tableau le fit tant rire qu’il en mourut.

1753Publication originale
françaisTexte 4399 · Source 26

Lettre à Mr. Ch[ardin] sur les caractères en peinture

[Baillet de Saint-Julien, Louis-Guillaume] · p. 1-2 (incipit)

Apelles ayant peint un jour une vieille Athénienne, et s’étant appliqué à mettre dans ce sujet toute l’expression et le caractère que la nature et son imagination pouvoient lui fournir, conçut en voyant son idée exécutée sur la toile un rire si subit et si immodéré, qu’il mourut, dit-on, devant son tableau d’une extinction de rate. L’historien qui rapporte ce fait est Pline, auteur trop crédule, qui a écrit fort gravement des mensonges très-frivoles. Ceci en a bien l’air, à juger de ces tems-là par le nôtre. Du moins est-il bien sûr qu’aucun peintre aujourd’hui ne s’expose aux mêmes risques qu’Apelles ; et que la partie des caractères est fort négligée.

1765Publication originale
françaisTexte 4400 · Source 179

Encyclopédie, art. « Peintres grecs », tome XII

Jaucourt, Louis de · p. 266

Verrius Flaccus, cité par Festus, rapporte que le dernier tableau de Zeuxis fut le portrait d’une vieille, qui le fit tant rire qu’il en mourut ; mais si le fait étoit vrai, comment auroit-il échappé à tous les autres auteurs ? Je supprime ici beaucoup de choses sur ce grand maître en Peinture, parce qu’on les trouve dans Junius & dans la vie de Zeuxis, de Parrhasius, d’Apelle, & de Protogène, donnée en italien par Carlo-Dati, & imprimée à Florence en 1667, in-12.

1776Publication originale
françaisTexte 4401 · Source 475

Anecdotes des beaux-Arts, contenant tout ce que la peinture offre de plus piquant chez tous les peuples du monde

Nougaret, Pierre Jean Baptiste ; Leprince, Thomas · t. I, p. 192

On prétend que Zeuxis ayant représenté une vieille avec un air extrêmement bizarre et grotesque, ce tableau le fit tant rire, qu’il en mourutOn peut douter de ce trait, qui n’est rapporté que par un certain Verrius Flaccus, dont le célèbre grammairien Festus abrégea le livre intitulé : De verborum significatione..

1887Publication originale
françaisTexte 4950 · Source 1128

Des passions de l'âme et de la joie et de la douleur, troisième discours, prononcé devant Henri III à l'Académie de Paris

· p. 265

Philémon, Siracusain, poëte comique mourut de force de rire voyant un asne qui mangeoit des figues et l'excellant paintre Zeuxis mourut aussi de la mesme sorte regardant une vieille qu'il avoit painte.

1921Date de rédaction
latinTexte 4377 · Source 470

Textes grecs et latins sur la peinture ancienne. Recueil Milliet

Reinach, Adolph (éd.)

Pictor Zeuxis risui mortuus, dum ridet effuse pictam a se anum, γραῦν.

Iconographie

Œuvres associées

Une galerie compacte, sans recadrage forcé. Les métadonnées absentes restent absentes.

Références

Bibliographie liée

Les identifiants historiques restent visibles pour permettre la vérification scientifique.

  1. Réf. 1140

    Mai, Ekkehard Rembrandt, Selbstbildnis als Zeuxis : ein Werk aus dem Wallraf-Richartz-Museum

    Lieu et maison d’édition : Berlin, Mann

  2. Réf. 1139

    Mai, Ekkehard « Zeuxis, Rembrandt en De Gelder : het zelfportret als statement in de beeldende kunst »

    Lieu et maison d’édition : in Arent de Gelder, 1645-1727 : Rembrandts laatste leerling, Gand, Snoeck-Ducaju & Zoon, p. 98-109