Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Simul, ut dictum est, et Protogenes floruit. Patris ei Caunus, gentis Rhodis subiectae. Summa paupertas initio artisque summa intentio et ideo minor fertilitas. Quis eum docuerit, non putant constare ; quidam et naues pinxisse usque ad quinquagensimum annum ; argumentum esse, quod cum Athenis celeberrimo loco Mineruae delubri propylon pingeret, ubi fecit nobilem Paralum et Hammoniada, quam quidam Nausicaan uocant, adiecerit paruolas naues longas in iis, quae pictores paregia appellant, ut appareret, a quibus initiis ad arcem ostentationis opera sua peruenissent.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Dans le même temps, comme on l’a dit, florissait aussi Protogène. Il était de Caunus et appartenait à une communauté soumise à Rhodes. Au début il était très pauvre et s’appliquait au plus haut point à son art : aussi sa production était-elle restreinte. Le nom de son maître ne peut être établi avec certitude ; certains prétendent que jusqu’à cinquante ans il peignit des navires : la preuve en serait que, lorsqu’il décorait à Athènes, en un emplacement très fameux, les propylées du sanctuaire de Minerve, où il a représenté en une peinture célèbre Paralus et Hammonias – appelée par quelques-uns Nausicaa – il y ajouta de petits vaisseaux de guerre dans les parties que les peintres appellent accessoires (parergia), pour bien montrer d’où son œuvre était partie pour en arriver à ce sommet où elle s’offrait glorieusement aux regards.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Nel medesimo tempo fu Protogene Phycauno per patria come habiamo decto laquale era sotto Rhodi. Fu la sua somma poverta nel principio e somma diligentia nellarte e per questo men guadagno. Stimano che non si sapia chi fu suo preceptore. Alcuni credono che lui dipignessi le navi insino in .l. anni e vogliono che el segno di questo sia che dipignendo lui in Athene el Propyleon del tempio di Minerva in luogo molto celebre dove fece el nobile Paralo e Hammoniada laquale alcuni chiamano Nausica lui v’arrose picole navi lunghe tra le cose lequali e pictori chiamano parerga perche sono oltra alla prima pictura per ornamento : accioche fussi manifesto da che principio l’opere sue fussino venute insino al sommo dell’ostentatione.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Et insieme, come si è detto, fiori Protogene, la patria sua era Cauno, laquale era suggettata à Rhodi. Da principio fu grande la sua poverta, e somma diligentia nell’arte, e per questo minore guadagno. Et chi gli insegnasse non pensano che si sappia. Et certi pensano, che infino a cinquanta anni depingesse navi, e dicano che questo ne è segno, che dipinse in Athene il Propyleon al tempio di Minerva, in luogo celebratissimo dove fece il nobile Paralo, e Hemionida, laquale certi chiamono Nausica, et aggiunse picciole nave lunge in queste, lequali i dipintori chiamono Parerga, accioche appaia da quali principii, venissino l’opere sue al sommo della grandezza.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
In un medesimo tempo con esso lui fiorì ancora come s’è detto Protogene. Costui fu per patria di Cauno città suggetta a Rhodiani. Egli fu molto povero da principio e hebbe gran desiderio di farsi valente nell’arte; e percio fece pochissime figure. Chi fusse suo maestro non se ne può sapere il certo. Alcuni dicono che egli attese a dipignere delle navi fin che egli hebbe cinquanta anni; e per segno di cio adducono che dipingendo egli in Athene il Propileo in nobilissimo luoco, cioè nel tempio di Minerva, dove fece il nobile Paralo et Emionida; laquale alcuni chiamavo (sic) Nausica, egli vi aggiunse alcune piccole navi lunghe tra le cose che i pittori chiamano parerga, perche servono oltra alla prima pittura per ornamento, accioche si vedesse da quai principij l’opere sue fossero venute al colmo della gloria e della grandezza.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
De ce temps mesme aussi, comme desja nous avons dit, Protogenes estoit en regne : lequel estoit natif de Carnus (sic) ville subjecte aux Rhodiens. Du commencement il estoit fort povre : car il estoit si ententif à recercher les secrets de l’art de peinture, qu’il ne faisoit comme point de besongne. De dire de qui il apprint son mestier, il n’est possible. Bien trouve-on que jusques à l’aage de cinquante ans, il ne servoit qu’à peindre les navires : ce que bien il demonstra, peignant la basse court Propylaeon de la citadelle d’Athenes, qui respond au temple de Minerve, estant au lieu le plus eminent d’Athenes : car il y fit un Paralus c’est à dire un marinier qui se tient à bort de mer. Toutesfois aucuns tiennent que ce fut Paralus, qui premierement inventa les fustes de mer., et une Hemionide c’ estoit une fille estant à cheval ou sur une mole, dite Nausicaa : et neantmoins fit en la Crotesque Parergon, de petites fustes, pour monstrer le petit commencement de son art, et la perfection où il estoit parvenu depuis.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
En ce même tems, comme on l’a déjà vuDans ce même chapitre., florissoit Protogene. Il étoit de la ville de CaunusVille de Carie. C’est aussi à Caunus que Plutarque le fait naître. Suidas écrit que Protogene étoit de Xanthus, petit bourg voisin de Caunus., sujette des Rhodiens. Il fut d’abord extrêmement pauvre ; sa grande application à perfectionner ses ouvragesProtogene étoit recommandable par le fini et le soigné de ses ouvrages ; Apelle par la grace. Quintilien, liv. 12, p. 892. a un peu nui à leur nombre. On ne sait pas certainement de qui il fut l’éleve. Quelques-uns prétendent qu’il peignit des vaisseaux jusqu’à l’âge de cinquante ans. Ils en apportent en preuve que lorsque, dans le quartier d’Athenes le plus fréquenté, dans le temple même d’Athenes, il peignoit le Propyleon, ou portique de ce temple, et qu’il y représentoit ces fameux vaisseaux, le Paralus et l’Hammoniade, que quelques-uns nomment aussi la Nausicaa, il y ajouta de petits vaisseaux longs parmi ces accompagnements plus ou moins étrangers au sujet, appellés par les peintres parerga, ou hors-d’œuvres ; voulant faire connoître que parti de si humbles commencements, il s’étoit élevé au comble de l’art, et à la citadelle la plus propre à éterniser les talents.