Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Namque subtexi par est minoris picturae celebres in penicillo, e quibus fuit Piraeicus arte paucis postferendus : proposito nescio an distinxerit se, quoniam humilia quidem secutus humilitatis tamen summam adeptus est gloriam. Tonstrinas sutrinasque pinxit et asellos et obsonia ac similia, ob haec cognominatus rhyparographos, in iis consummatae uoluptatis, quippe eae pluris ueniere quam maximae multorum. E diuerso Maeniana, inquit Varro, omnia operiebat Serapionis tabula sub Veteribus. His scaenas optime pinxit, sed hominem pingere non potuit. Contra Dionysius nihil aliud quam homines pinxit, ob id anthropographos cognominatus.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Car il y a lieu d’insérer ici les artistes dont le pinceau s’est illustré dans des genres picturaux mineurs. Parmi eux il y a Piraeicus : bien qu’il fût inférieur à peu de peintres sur le plan de l’art, je ne sais si, par son choix délibéré, il ne s’est pas fait du tort, puisque tout en se bornant à des sujets bas, il n’en a pas moins atteint dans le genre le sommet de la gloire. Il a peint des boutiques de barbiers et de cordonniers, des ânes, des comestibles et d’autres sujets du même ordre – il fut pour cela surnommé le « rhyparographe » (peintre d’objets vils) –, car le prix de tels tableaux monta bien plus que les très grandes compositions de nombreux maîtres.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Imperoche e conveniente aggiugnere a questi quegli equali sono di minore pictura famosi nel pennello. Tra quali fu Pyreico da essere postposto a pochi. Ne so se de industria guasto se medesimo perche seguitando cose humili acquisto gran gloria d’humilita. Dipinse botteghe di barbieri e di calzolai et asini e herbe e simili cose e per questo fu chiamato rhypa rogropho. Ma in questi e di perfecta volupta e piu prezo vende queste che molti altri non venderono le cose grandi.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Perche è ragionevol cosa descrivere doppo questi i piu celebrati nel pennello della minore pittura, dequali fu Pyreico nella arte da posporsi à pochi. Et non so se di industria destrusse se stesso. Perche seguitando cose humili, nondimeno acquisto gran gloria della humilta. Dipinse botteghe di barbieri, e di calzolai, et asinegli, e vinande, e simili cose, e per questo fu cognominato Rhyparographo, in queste cose di perfetto piacere. Perche quelle piu si sono vendute che le grandissime di molti.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Percioch’e’ stà bene, che s’aggiungano a questi coloro che sono di minor pittura famosi nel pennello, de’ quali un fu Pireico, ilqual nell’arte merita, che pochi altri gli vadano innanzi. Ne sò, se in pruova egli si guastò da sestesso, perche seguendo cose humile, s’acquistò gran gloria d’humiltà. Costui dipinse botteghe di barbieri e di calzolai, e asini, e cose da mangiare e simili baie, e perciò fu chiamato per sopranome Rhiparografo, perche in queste cose fuor di modo si compiacque. Et veramente queste cose furono vendute più care, che le grandissime figure di molti.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
[…] car je veux icy traiter ceux qui ont besongné excellemment du pinceau, en un petit volume : entre lesquels Pyreicus emporte à bon droit le bruit. Toutesfois je ne sçay si de guet à pens, il vouloit assopir son bruit : car il ne s’adonnoit qu’à petites besongnes, esquelles neantmoins il acquit un grand bruit : comme à faire des boutiques de barbiers, de cordonniers, de petits asnes chargez d’herbages, et dix mille autres tels fatras, où il prenoit si grand plaisir, qu’il en print le nom et sobriquet de Rhyparographos c’est à dire peintre de chose de basse estoffe. Et neantmoins sa rustique, et ses petites besongnes se vendoyent plus, encores qu’elles fussent en petit volume, que plusieurs grandes pieces d’autre main que la sienne.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Car c’est ici le lieu de parler des tableaux de petit volume qui ont donné de la célébrité à leurs auteurs. De ce nombre a été PireïcusDont Properce a dit, livre 3, Eleg. 8 : Pireïcus parva vindicatar te locum.. Il n’est, pour la perfection de l’art, inférieur à personne ; mais, dira-t-on, ce même art déroge entre ses mains par le choix des sujets. Pour moi, j’en doute ; car il ne peignit que des choses viles, à la vérité ; mais ces choses viles l’immortaliserent. Pyreïcus ne peignit donc que des boutiques de barbiers et de cordonniers, que des ânes, des légumes et autres objets du plus bas étage ; ce qui lui fit donner le nom de Rhyparographe, ou Peintre des choses de rebut, mais qu’il a su traiter d’une maniere supérieure et pleine de délices. Aussi ses tableaux se vendent-ils plus chers que ceux de plusieurs peintres qui n’ont traité que des sujets du grand ordre.