Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Fecundus artifex, sed quo nemo insolentius usus sit gloria artis, namque et cognomina usurpauit habrodiaetum se appellando aliisque uersibus principem artis et eam ab se consummatam, super omnia Apollinis se radice ortum et Herculem, qui est Lindi, talem a se pictum, qualem sese in quiete uidisset, et, cum magnis suffragiis superatus a Timanthe esset Sami in Aiace armorumque iudicio, herois nomine se moleste ferre dicebat, quod iterum ab indigno uictus esset.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
C’était un artiste fécond, mais nul ne fit plus insolent étalage de la gloire de son art. Il ne craignit pas de prendre le surnom d’ami du plaisir et, dans d’autres vers, de se dire le prince de la peinture portée par lui à la perfection. Bien plus, il se prétendait de la race d’Apollon et assurait qu’il avait peint Héraklès à Lindos tel qu’il l’avait souvent vu en songe. Aussi bien, quand à Samos, pour son Ajax au concours pour les armes, il fut déclaré inférieur à Timanthe par la grande majorité des suffrages, il aimait à répéter qu’il était affligé au nom du héros de ce qu’il eût été une seconde fois vaincu par un indigne.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
ma nessuno uso l’arte con piu insolentia et arrogantia. Imperoche essi pose molti nomi come e Abrodieto et altri che significano principe dela arte e che a quella ha dato ultima perfectione. Ma sopra tutto diceva essere nato della radice d’Apolline e che Hercole elquale lui haveva dipincto in Lindo era tale quale spesse volte haveva veduto in sogno. Ilperche fu vincto in Samo da Timanthe con grande favore di populo in Aiace. Ilperche lui nel giudicio dell’armi in nome d’esso Aiace diceva essergli molesto che da uno non degno fussi stato vincto la seconda volta. Dipinse anchora in minori tavolete le libidine perche si ricreava con tali specie di picture e con motteggi.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Fecondo artefice, ma nessuno fu che piu insolentamente, e arrogantemente usassi la gloria della arte, perche prese i cognomi, chiamandosi Abrodieto, e con altre parole, principe dell’arte, e quella ha hauto la perfettione da esso. Et sopratutte le cose diceva di essere nato della stirpe di Apoline, e Hercule che è in Lyndo, essere stato dipinto tale quale spesso l’haveva veduto in sogno. Adunque fu vinto in Samo da Timanto con gran favore del popolo in Aiace, nel giudicio delle armi. Et diceva che molestamente sopportava, per nome di quel barone, che di nuovo fusse stato vinto da uno indegno. Dipinse anchora in minori tavolette, le libidini, perche si recreava con tale specie di pitture, e di giuoco.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Esso fu artefice veramente ricco d’intentione ma nessuno usò l’arte con piu insolenza e arroganza di lui. Percioch’egli si pose di molti sopranomi, chiamandosi quando Abrodieto, e quando in altro modo, con darsi vanto d’essere il primo di quella arte, e d’haverla esso ridotta a perfettione. Et sopra tutto si vantò d’esser disceso da Apolline, e d’haver dipinto l’Hercole, ch’è in Lindo, proprio di quella maniera, che piu volte se l’havea sognato. Essendo dunque vinto in Samo da Timanthe con gran favore di popolo, in Aiace e nel giudicio dell’harmi diceva haver per male, che la seconda volta fosse stato vinto da un da manco di lui. Dipinse ancora in tavolette piccole certe figure lascive, ricreandosi con simil maniera di piacevolezze.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
En somme, il n’y a peintre de l’Antiquité dont on monstre tant de pieces que de cestuyDémon Athénien, que Du Pinet confond avec Parrhasios. : aussi usoit il fort arrogamment de la gloire qu’il avoit acquise par son art : car luy-mesme se donnoit ses titres, s’appellant quelques fois Abrodiaetus c’est à dire, vivant delicatement, et quelquefois il se nommoit prince de la peinture, et se vantoit d’avoir amené le dit art à perfection. Mesme entre autres choses, il se disoit estre de la race d’Apollo, et affermoit avoir fait le tableau d’Hercules, qui est à Lyndos, suyvant le vif et naturel du dieu Hercules, lequel s’estoit souvent apparu à luy en dormant, à son dire. Toutesfois au jugement de tous les assistants, Tymanthes le vainquit en un Ajax, et mesme au jugement des armes, en l’isle de Samos. De quoy fort fasché Demon disoit qu’il estoit seulement marri du prince Ajax, qui se trouvoit vaincu pour la seconde fois par un homme indigne de ceste gloire car Ulyxes l’avoit vaincu en vie : mais Tymanthes l’avoit surmonté en peinture. Il prenoit plaisir de peindre en petit volume toutes vilenies et paillardises, et disoit qu’il y reprenoit aleine.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Artiste d’une fécondité merveilleuse, mais qui se prévalut plus insolemment et plus arrogamment qu’aucun autre de sa célébrité, soit en prenant le surnom d’AbrodiaetusAthénée, liv. 12, p. 543, cite ces deux vers que Parrhasius avoit coutume d’inscrire au bas de des tableaux : Ἀβροδίαιτος ἀνὴρ, etc. Haec pinxit mollis, virtutis cultor, et idemClara Parrhasius ex Epheso patria., ou homme vivant dans les délices, soit en se qualifiant, en d’autres termesRapportés également par Athénée, ibidem :Φημὶ γὰρ ἤδηΤέχνης, etc.Jam dicto profectoHujus adest artis meta reperta mihi.Hoc nostrae valuere manus : praestantia fingunt :Inculpata tamen nulla reperta viris., de prince de la peinture, et de consommateur de son art ; mais principalement en se donnant pour descendant d’Apollon, et pour avoir peint l’Hercule de Lindos d’après Hercule lui-même, qui lui avoit souvent, disoit-il, apparu en songe. De plusCeci est également rapporté par Athénée, ibid., ayant fait un Ajax disputant contre Ulysse pour l’armure d’Achille, et ce tableau ayant été, d’une voix unanime, déclaré inférieur à celui de Timanthe, il s’indigna de ce jugement, et dit qu’Ajax étoit sans doute à plaindre d’être une seconde fois vaincu par un rival indigne de lui. Parrhasius a fait aussi de petits tableaux lascifs ; c’étoit comme son délassement.