Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Confessione artificum in liniis extremis palmam adeptus. Haec est picturae summa subtilitas. Corpora enim pingere et media rerum est quidem magni operis, sed in quo multi gloriam tulerint ; extrema corporum facere et desinentis picturae modum includere rarum in successu artis inuenitur. Ambire enim se ipsa debet extremitas et sic desinere, ut promittat alia et post se ostendatque etiam quae occultat. Hanc ei gloriam concessere Antigonus et Xenocrates, qui de pictura scripsere, praedicantes quoque, non solum confitentes ; et alia multa graphidis uestigia exstant in tabulis ac membranis eius, ex quibus proficere dicuntur artifices. Minor tamen uidetur sibi comparatus in mediis corporibus exprimendis.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Les artistes s’accordent à lui attribuer la palme pour l’exécution des contours. C’est en peinture l’art le plus consommé. Car peindre des corps et la surface intérieure des objets est certes une entreprise ardue, mais beaucoup s’y sont illustrés ; au contraire, savoir rendre les contours des corps et enfermer dans une limite les plans fuyants de l’objet qu’on peint, cela se rencontre rarement exécuté avec succès par un artiste. De fait la ligne de contour doit s’envelopper elle-même et finir de façon à laisser deviner autre chose derrière elle et à montrer même ce qu’elle cache. Voilà le mérite particulier que lui ont reconnu Antigone et Xénocrate, qui ont écrit sur la peinture, – et ils vont jusqu’à le proclamer, sans se contenter de l’admettre ; il reste aussi par ailleurs beaucoup de croquis de sa main sur des tablettes et des feuilles de parchemin, dont on dit que les artistes font leur profit. Cependant il ne paraît pas égal à lui-même quand il s’agit de rendre la surface des corps.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Et per confessione degli artefici acquisto la palma nelle externe linee. Questa e la somma subtilita nella pictura. Dipignere e corpi et el mezo delle cose e grande difficulta : ma molti v[i]anno acquistato gloria : ma fare le extremita de corpi e sapere concludere el fine dell’arte e cosa che radevolte nell’arte si conduce a perfectione. Imperoche la extremita deba circondare se medesima e finire in modo che la prometta che possa altre cose e mostri etiamdio quello che occulta. Questa gloria hanno conceduto a Parrhasio. Antigone e Socrate equali scripsono de pictura e non solamente confessono : ma predicano di lui molte altre cose. Restano ancora in tavole et in membrane le vestigie delo stile colquale disegnava dellaquali dicono che gli artefici fanno proficto. Mirone nientedimeno e comparato a costui in exprimere e mezi de corpi.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
Et confessandolo gli artefici acquisto la palma nelle linee estreme. Et questa è nella pittura somma sottilita. Perche dipingiere i corpi, et i medii delle cose, è certo di gran maestria, ma molti ci hanno acquistato gloria. Ma fare le estremita de corpi, e rinchiudere il modo della perfetta pittura, si trova di raro nel successo dell’arte. Perche essa estremita debbe circundare se stessa, e cosi finire, in modo che prometta altre cose doppo di se, e dimostri anchora quelle che occulta. Et questa gloria gli concederno Antigono, e Xenocrate, che scrissono della pittura non solamente contrassandolo, ma predicandolo. Et molte vestigie restono anchora del suo stile da disegnare, in sue tavole, e carte caverette, dallequali dicano che profittano gli artefici. Nondimeno appare minore comparato a se stesso nello esprimere i medi corpi.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
[…] per confessione de gli artefici s’acquistò il vanto di saper dare i contorni alle figure. Et questa è la maggior sottigliezza nelle figure. Perche il dipignere i corpi, e i mezi delle cose, certo è gran maestria, ma molti ci hanno acquistato gloria. Ma nel fare l’estremità de’ corpi, e rinchiudere il modo della perfetta pittura, di rado si truova nel successo dell’arte. Percioche l’estremità istessa si debbe circondare da se medesima, e cosi finire, di maniera ch’ella prometta altre cose dopo se, e dimostri ancora quelle che nasconde. Questa gloria le concessero Antigono, e Senocrate, iquali scrissero della pittura, non solamente confessandolo, ma predicandolo ancora. Molti vestigi ancora restano del suo disegno in sue disegno in sue tavole e carte di capretto, dalle quali si dice, che gli artefici imparano assai. Nondimeno paragonandolo a se stesso riesce assai minore nello esprimere i corpi di mezo.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
IlParasius Ephesien. fut tenu au jugement de tous les peintres, le plus consommé de tous, à faire le pourfil, et les derniers traits d’une besongne : et neantmoins c’est le poinct principal et le plus difficile de tout cest estat. De faire les corps, et de peindre le dedans, il y a de l’affaire : mais neantmoins on en trouve assez qui y sont excellens. Mais de bien faire le pourfil, et les derniers traits d’une besongne, on en trouve peu. Car l’extremité d’une besongne doit estre tellement arrondie, et doit tellement monstrer son rond, qu’on puisse cognoistre qu’il y a autre chose que ce qui est en apparence, et que mesme, s’il est possible, elle puisse monstrer ce qui est caché dessous. Et de faict, Antigonus et Xenocrates, qui ont tous deux escrit de l’art de peinture, baillent le bruit de ce poinct à Parasius, le louans sur tous hommes de cest art, et le confessant tel. On trouve encores plusieurs projets Graphis, ou plant, ou platte forme et desseins de sa main, faits en tablette, et en parchemin, où les peintres prennent ordinairement leurs patrons. Et neantmoins, il n’estoit si excellent à faire le dedans des corps, que son grand sçavoir portoit.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Parrhasius d’Ephese […] remporta la palme des traits terminants, qui sont le grand secret, et le non plus ultrà de la finesse de l’art. En effet, peindre les corps, et bien saisir les milieux, c’est déjà un grand talent, mais une gloire commune ; au lieu que bien rendre les extrémités des corps, et terminer avec art les formes mourantes, c’est un mérite des plus rares, et auquel bien peu d’artistes peuvent atteindre ; car toute extrémité doit s’arrondir, s’embrasser, pour ainsi dire, elle-même, et finir de maniere à promettre quelque chose par-delà elle, montrant, en quelque sorte, ce qu’elle cache. Cette gloire a été accordée à Parrhasius par Antigone et Xénocrate, qui ont écrit sur la peinture ; et ce n’est pas un simple aveu de leur part ; car ils ne parlent qu’avec admiration de ce talent de Parrhasius, et de plusieurs autres mérites de l’art, qu’ils reconnoissoient en lui. Ses tablettes et porte-feuilles de desseins existent encore aujourd’hui, desquelles plusieurs artistes passent pour tirer souvent parti. Parrhasius, au reste, semble inférieur à lui-même dans les milieux.