Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
De picturae initiis incerta nec instituti operis quaestio est. Aegyptii sex milibus annorum aput ipsos inuentam, priusquam in Graeciam transiret, adfirmant, uana praedicatione, ut palam est ; Graeci autem alii Sicyone, alii aput Corinthios repertam, omnes umbra hominis lineis circumducta, itaque primam talem, secundam singulis coloribus et monochromaton dictam, postquam operosior inuenta erat, duratque talis etiam nunc. Inuentam liniarem a Philocle Aegyptio uel Cleanthe Corinthio primi exercuere Aridices Corinthius et Telephanes Sicyonius, sine ullo etiamnum hi colore, iam tamen spargentes linias intus. Ideo et quos pinxere adscribere institutum. Primus inleuit eas colore testae, ut ferunt, tritae Ecphantus Corinthius.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
La question des origines de la peinture est obscure et ne rentre pas dans le plan de cet ouvrage. Les Égyptiens affirment que cet art fut inventé chez eux, six mille ans avant de passer en Grèce ; c’est là manifestement une vaine prétention. Parmi les Grecs les uns disent qu’il fut découvert à Sicyone, les autres à Corinthe, mais tous qu’on commença par cerner d’un trait le contour de l’ombre humaine. Ce fut la première méthode ; la seconde, employant des couleurs isolées, fut dite monochrome ; par la suite on y apporta des perfectionnements, mais elle dure encore aujourd’hui. L’invention du dessin au trait remonte à Philoclès l’Égyptien ou à Cléanthe de Corinthe ; mais les premiers à le pratiquer furent Aridicès de Corinthe et Téléphanès de Sicyone, sans se servir encore d’aucune couleur : ils se mirent toutefois à parsemer de traits la surface à l’intérieur des contours et prirent ainsi l’habitude d’écrire à côté de leur œuvre le nom des personnages qu’ils voulaient peindre.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
E incerto ne s’apartiene al nostro proposito quando fussi el principio de la pictura. Ma gli Egyptii affermano che fu trovata apresso di loro se mila anni innanzi che venissi in Grecia, ma è manifesto che loro predicano el falso. E Greci dicono alcuni che fu trovata da Sicioni, alcuni da Corinthi ma tuti s’acordono che fussi trovata da l’ombra dal huomo circumscripta colle linee e cosi fu la prima e la seconda era d’un colore solo e fu chiamata monocromathon laquale dura insino al presente tempo. Dicono che la lineare trovo Phylocle egyptio overamente Cleanthe Corintho. Et primi che la exercitorono furono Ardice Corintho e Telephane Sicyonio senza alcuno colore. Et nientedimeno spargeno le linee drento.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
De principii della pittura è incerta la questione, E non apartiene al nostro proposito. Gli Egyttii affermano essersi trovata appresso di loro sei mila anni, avanti che passasse in Grecia, predicando il falso come è manifesto. Et i Greci dicano essersi ritrovata in Sicyone, altri apresso de Corinthi. Et tutti affermano essersi trovata dall’ombra dall’huomo circunscritta da linee. Et così essere stata tale la prima. La seconda di particulari colori, e detta monochromaton, poiche fu trovata piu operosa, e dura tale anchora hora. Dicano essersi trovate quelle delle linee, da Philocle Egyttio, ó Cleante Corinthio. I primi che la esercitassino, furno Ardice Corinthio, e Telephane Sicyonio anchora senza alcuno colore, e nondimeno spargenti le linee dentro. Et percio è nostro intendimento descrivere quali dipingessino. Il primo che trovasse il dare loro il colore, con uno vaso pesto (come dicano) fu Cleophanto Corinthio.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Non si sa certo, ne ancho fa al proposito nostro, quando la pittura havesse principio. Ma gli Egittij affermano, ch’essi ne furono inventori sei mila anni inanzi ch’ella passasse in Grecia, ma non è dubbio alcuno, ch’essi dicono il falso. I Greci, alcuni dicono h’ella fu trovata a Sicione, e alcuni a Corintho ; ma tutti s’accordano, che fosse trovata dall’ombra, tirandovi le linee intorno. Et cosi fu la prima, e la seconda era d’un color solo, e chiamossi monocromato, poiche fu trovata piu faticosa, e tale ancora hoggi dura. La pittura delle linee dicono, che fu trovata da Filocle Egittio, overo da Cleanthe Corinthio. I primi che la misero in uso, furono Ardice Corinthio, e Thelephane Sicionio, ancora senza colore alcuno, e nondimeno vi sparsero le linee per entro. Et perciò intendo di contare quegli, ch’essi dipinsero. Il primo, che trovasse il dar loro il colore, con un vaso pesto, come dicono, fu Cleofanto Corinthio.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
Et quant à l’origine de l’art de peinture, on n’en sçauroit parler resoluement : aussi n’est ce mon principal dessein. Toutesfois, les Egyptiens se vantent, l’art de peinture avoir esté practiqué en leur region, plus de six mille ans avant qu’il fust question d’aucune peinture en Grece. Mais ce est notoirement faux. Et quant aux Grecs, les uns tiennent que l’invention de peindre vient de Chearema de la Moree, et les autres afferment que c’est de Corinthe, tous neantmoins conformément disent que la premiere peinture se fit à pourfiler seulement l’ombre d’une personne : et que par apres on commença à couvrir ce pourfil de une couleur seulement : et appelloit on ceste sorte de peinture, Monochroma, c’est à dire pourtrait d’une couleur. Et de fait, encores que l’art de peinture se soit agencé depuis : pour cela neantmoins les pourtraits d’une couleur n’ont esté abolis, car ils durent encores. Et quant à l’invention de peindre par linges (sic) Linearis pictura, et de faire les traits de peinture, on l’attribue à Philocles Egyptien ou à Cleanthes de Corinthe. Et neantmoins on tient que Ardices Corinthien et Thelephanes de Chiarenia, furent les premiers qui firent estat de cest art : et toutesfois ils n’avoyent pas de couleurs, et si usoyent de tous les traits de peinture, tant du pourfil, que de ceux de dedans, car ils ne faisoyent que charbonner. Quoy qu’il en soit, il ne fera que bon de mettre icy les pieces qu’ils ont fait leur temps. Touchant l’invention de peindre avec couleurs, on dit que Cleophantus Corinthien fut le premier qui commença à barbouiller de tests de pots cassez.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Quant à l’origine de l’art de la peinture, on ne trouve là-dessus qu’incertitudes et contradictions, qu’il n’entre pas dans mon plan de discuter. Les Egyptiens soutiennent qu’elle fut inventée chez eux six mille ans avant que les Grecs en eûssent la moindre connoissance. On sent la vanité et le peu de fondement de cette jactance egyptienne. A l’égard des Grecs, ils prétendent, les uns, qu’elle fut inventée à Sycione ; les autres, à Corinthe : mais tous tombent d’accord que ce qui lui donna naissance fut d’abord un simple trait calqué fidelement sur l’ombre d’un homme ; et qu’ainsi la premiere peinture fut monogramme, c’est-à-dire à un seul trait sans couleur : d’où il suit que la peinture monochrommate, ou à une seule couleur, est postérieure à celle-là, et ne peut lui être comparée pour le mérite de l’invention, Ces deux sortes de peintures subsistent encore aujourd’hui, précisément telles qu’elles furent inventées. La peinture linéale ou le dessein au simple trait creusé, eut pour inventeur, soit Philoclès Egyptien, soit Cléanthès Corinthien. Mais ce qu’il y a de reconnu et de certain c’est que les premiers artistes qui exercerent cet art, furent Ardicès de Corinthe, et Téléphanès de Sicyone ; ensorte toutefois qu’ils ne s’en tenoient pas au simple trait terminal, et jettoient plusieurs autres traits dans l’intérieur du dessein : mais le tout avec si peu d’art, qu’ils étoient obligés d’écrire à côté de chaque portrait le nom de la personne. Le premier qui fit des desseins colorés, fut Cléophante de Corinthe, qui imagina à cet effet de faire des crayons d’une pâte faite avec des tessons de terres de couleur, broyés et réduits en poudre.
