Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Non fraudanda et Studio diui Augusti aetate, qui primus instituit amoenissimam parietum picturam, uillas et porticus ac topiaria opera, lucos, nemora, colles, piscinas, euripos, amnes, litora, qualia quis optaret, uarias ibi obambulantium species aut nauigantium terraque uillas adeuntium asellis aut uehiculis, iam piscantes, aucupantes aut uenantes aut etiam uindemiantes. Sunt in eius exemplaribus nobiles palustri accessu uillae, succollatis sponsione mulieribus labantes, trepidis quae feruntur, plurimae praeterea tales argutiae facetissimi salis. Idem subdialibus maritimas urbes pingere instituit, blandissimo aspectu minimoque inpendio. Sed nulla gloria artificum est nisi qui tabulas pinxere. Eo uenerabilior antiquitatis prudentia apparet.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Il ne faut pas non plus priver de son dû Studius qui vécut à l’époque du divin Auguste : il fut le premier à imaginer une façon tout à fait charmante de peindre les parois, y figurant des maisons de campagne et des ports ainsi que des thèmes paysagistes, bosquets sacrés, bois, collines, étangs poissonneux, euripes, rivières, rivages, au gré de chacun, et y introduisit diverses effigies de personnages se promenant à pied ou en barque, se rendant, sur la terre ferme, à leur maison rustique à dos d’âne ou en voiture, voire en train de pêcher, d’attraper des oiseaux, de chasser ou même de vendanger. Bien connues parmi ses œuvres sont celles où l’on voit des hommes qui, près d’une demeure campagnarde à laquelle on accède à travers un marécage, ont pris des femmes sur leur dos avec engagement de les transporter et qui chancellent, à la grande frayeur de leur fardeau, ainsi que bien d’autres détails expressifs du même ordre où se révèle la finesse de son humour. Le même artiste a introduit l’usage de peindre, sur des parois à l’air libre, des représentations de cités en bord de mer d’aspect fort agréable, cela pour un prix de revient minime. Mais il n’est de gloire artistique que pour ceux qui ont peint des tableaux de chevalet. C’est ce qui rend, à l’évidence, d’autant plus respectable la sagesse de l’antiquité.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
[…] non fraudando Ludio e la eta di divo Augusto. Questo Ludio fu el primo che truovo con giocondissima pictura nelle mura dipingnere ville portichi e loghi ornati d’arbuscelli e giardini selve colli peschiere eurypi fiumi e liti. Tali quali alchuno disiderassi: ne quali si vedea varie forme di chi andassi o navichasi e per terra arrivassi alle ville o in su carri o a cavallo. Item chi pescasi o uccellassi o cacciassi o vendemiassi. Sono ne suoi exemplari ville nobili alequali si va in carri e per colli done sdrucciolanti e con timore portate. Preterea varie capesterie e motti salsi. El medesimo trovo dipignere alla scoperta citta marittime de giocondo aspecto e minima spesa. Ma uessuna (sic) gloria hanno gl’artefici se non quegli equali hanno dipincto tavole e per questo paiono in magiore riverentia gl’antichi.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
[…] non dando anchora Ludio l’eta del divo Augusto, il quale primo institui l’amenissima pittura delle mura, ville, et portici, et opere topiarie, selve, boschi, colli, piscine, acquidotti, fiumi, liti, quali alcuno potessi desiderare, et varie speci di huomini, che vanno quivi, ò navicanti. Et che per terra andassino alle ville, con asinelli, ó carri. Et pescatori, et uccellatori, et cacciatori, et vendemiatori. Et sono ne suoi esemplari nobili ville, allequali si va per paludi, et su per colli donne che sdrucciolano, et paurose sono portate, et oltre cio assai altre tali argutie, et facetissimi tratti. Et il medesimo institui di pingere allo scoperto, citta marittime, di piacevolissimo aspetto, e poca spesa. Ma nessuna gloria hanno gli artefici, senon quegli che hanno dipinte tavole, et tanto piu venerabile appare l’antiquita.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Non è da passare ancora Ludio, che fu al tempo d’Augusto; e fu il primo, che trovò la vaghissima pittura delle mura, ville, portichi, luoghi ornati d’arbuscelli, selve, colli, colli (sic), vivai, canali, fiumi, riviere, secondo gli appetiti delle persone, varie specie d’huomini, che andavano, o navicamento, e per terra arrivavano alle ville, su i carri, o a cavallo, persone, che pescavano, o uccellavano, o cacciavano, o vendiemavano. Sono ne’ suoi disegni ville nobili, alle quali si va per paludi, e donne, che portano alcuna cosa sulle spalle, lequali mostrano d’haver paura di cadere; oltra di cio molte di queste capresterie, e facetissime dispositioni. Egli fu il primo, chi dipinse alla scoperta città maritime di bellissima vista, e con pochissima spesa. Ma nessuna gloria hanno gli artefici senon quegli, iquali hanno dipinto tavole, e per cio gli antichi sono havuti in maggior riverenza.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
Je ne veux aussi oublier un autre Ludius qui fut du temps de l’empereur Auguste : car ce fut le premier inventeur de peindre des paisages és murailles : comme des maisons champestres, metairies, allees, vignettemens, touffes de bois, forests, collines, viviers, ruisseaux, rivieres, ports et rivages, tels qu’on les demandoit : mesme y mettoit des gens qui se pourmenoyent, et d’autres qui prenoyent plaisir de passer le temps sur l’eau. Es paisages de terre, il faisoit aupres des metairies, d’asnes et de chariots chargez. Quelquefois aussi il y mettoit des gens qui peschoyent à la ligne et au filé : et d’autres qui prenoyent plaisir à la volerie, ou à la chasse du lievre, ou de la beste rousse, ou noire et mesme prenoit plaisir de mettre des vendangeurs, parmi les paisages. Et de fait, entre les pieces de respect qui sont de sa facture, il y a des metairies assises en lieux marescageux, où on peut remarquer les chemins glissans, et des femmes qui tombent et glissent, et d’autres qui y vont d’aguet, comme en tremblant de peur de choir, estants recourbees, comme si elles vouloyent charger quelque charge sur leurs testes, ou sur leurs espaules : et dix mille autres petites gentillesses qu’on y voit. Et quant aux murailles qui sont à jour descouvert, il trouva façon d’y mettre des villes maritimes qu’il faisoit fort bon voir : joint aussi que cela est de petite despense. Et neantmoins pour bien besongner que cestuy et ses semblables ayent sceu faire, on n’en a jamais fait si grand estat, que de ceux qui s’addonnerent à peindre des tableaux : et c’est pourquoy ceux de l’Antiquité nous sont en admiration.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
Mais, sans faire tort à Marcus Ludius, c’est ici le lieu de parler d’Auguste, qui le premier a enrichi les murailles des diverses salles et appartements de peintures infiniment agréables et variées, lesquelles représentent des métairies, des portiques, des boulingrins, des bois, des bosquets, des viviers, des euripes, des fleuves, des rivages au gré de toutes les fantaisies, embellis de promenades de toutes sortes ; ou d’une vue de riviere, avec des bateaux qui remontent, qui descendent, ou qui traversent des passagers ; ou sur le grand chemin, des personnes de tout état qui s’en vont à la campagne sur des ânes ou dans des voitures : ici c’est une pêche ; ailleurs des oiseleurs dressent des pieges aux oiseaux : plus loin c’est une chasse courante, ou bien une vendange. Parmi les peintures remarquables de ce genre, il n’est point de plus célebres que celles qu’on nomme les Marachers. On voit ces gens, à l’entrée d’un village, faire prix avec des femmes pour les porter sur leurs épaules à travers la mare : on en voit d’autres en train de porter des femmes, prêts à tomber avec elles, et chancelants sous le faix. On remarque nombre de peintures également ingénieuses, et d’un sujet amusant, parmi ces embellissements dus à la magnificence d’Auguste. Et quant aux murailles extérieures, lesquelles sont exposées aux injures du tems, c’est encore Auguste qui imagina d’y faire représenter des villes maritimes ; ce qui forme le coup-d’œil le plus agréable, et la dépense de ces peintures de marine est très peu considérable.