Naturalis Historia, liber XXXV
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)
Pinxere et mulieres : Timarete, Miconis filia, Dianam, quae in tabula Ephesi est antiquissimae picturae ; Irene, Cratini pictoris filia et discipula, puellam, quae est Eleusine ; Calypso, senem et praestigiatorem Theodorum, Alcisthenen saltatorem ; Aristarete, Nearchi filia et discipula, Aesculapium. Iaia Cyzicena, perpetua uirgo, M. Varronis iuuenta Romae et penicillo pinxit et cestro in ebore imagines mulierum maxime et Neapoli anum in grandi tabula, suam quoque imaginem ad speculum. Nec ullius uelocior in pictura manus fuit, artis uero tantum ut multum manipretiis antecederet celeberrimos eadem aetate imaginum pictores Sopolim et Dionysium, quorum tabulae pinacothecas inplent. Pinxit et quaedam Olympias, de qua hoc solum memoratur, discipulum eius fuisse Autobulum.
Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV
Il y eut aussi des femmes peintres : Timarété, fille de Micon, est l’auteur d’une Diane, tableau conservé à Éphèse, de style très archaïque ; Irène, fille et disciple du peintre Cratinus, a peint une Jeune fille, conservée à Éleusis ; Calypso a peint un Vieillard, Théodorus l’illusionniste, Alcisthénès le danseur ; Aristarété, fille et disciple de Néarchus, a peint un Esculape ; Iaia de Cyzique, qui resta toujours vierge, vécut à Rome quand M. Varron était jeune : elle peignit aussi bien au pinceau que sur ivoire à l’aide du cestre, et fit surtout des portraits de femmes ; à Naples il y a d’elle un grand tableau représentant une vieille ainsi qu’un Autoportrait au miroir. Personne n’eut la main plus rapide dans l’exécution, mais sa virtuosité fut telle que ses prix l’emportaient de loin sur ceux des plus célèbres portraitistes de son temps, Sopolis et Dionysius, dont les tableaux emplissent les galeries. Peignit également une certaine Olympias : la seule chose que l’on rapporte à son sujet est qu’elle eut Autobulus comme élève.
Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino
Dipinsono anchora queste femine cioe Timarete figluola di Micone: Diana laquale e in Epheso tra l’antichissime picture. Iterna figluola di Cratino pictore, la fanciulla laquale e in Eleusina. Calypso un vecchio e Theodoro prestigiatore. Alcisthene uno che danza. Aristarete figluola e discepola di Nearcho. Esculapio Lala Cizicena sempre vergine. Martia nella gioventu di M. Varrone dipinse di pennello a Roma. Et col cesiro in aurio maxime imagini di donne et el neapolitano in gran tavola et ancora la sua imagine allo specchio ne fu mano piu veloce nella pictura e di tanta arte che vinse col prezo delle sue imagini Sopylo e Dionysio excellentissimi pictori di quella eta : le tavole de quali empiono le pinacothece cioe gl’armarii dove si ripongono. Dipinse ancora una certa Olympia dellaquale solo si dice che Antibolo fu suo discepolo.
Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli
E dipinsono donne. Timarete figliola di Nicione Diana in tavola che è in Epheso di antiquissima pittura. Irene, figliola di Cratino dipintore, e discepola, una fanciulla che è in Eleusine, Calypso un vecchio, e Theodoro prestigiatore. Alcistene, uno salvatore. Aristarete figliola, et discepola di Nearco, Esculapio. Lala Cyzicena, che fu sempre vergine nella gioventu di M. Varrone, dipinse a Roma col pennello. E col cestro in avorio, massimamente imagini di donne, e il napolitano in gran tavola, e la sua imagine allo specchio. Ne fu mano di alcuno piu veloce nella pittura, e tanto di arte, che vinse col prezzo delle sue pitture i celebratissimi della medesima arte, Sopylon, e Dionysio, le tavole de quali empiono le pinacothece. Dipinse ancora una certa Olympia, dellaquale questo solo si memora essere stato suo discepolo Autobolo.
Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…
Dipinsero anco le donne, Timarete figliola di Nicone, dipinse Diana in una tavola, laquale è in Efeso antichissima pittura. Irene figliola e discepola di Cratino pittore una fanciulla, laquale è in Eleusina. Di questo nome stesso habbiamo conosciuto la divina Irene delle Signore di Spilimbergo ; c’ha dipinto un quadro a similitudine d’uno del gran Titiano, il quale sommamente celebrandola, si stupì del valore di cosi nobil vergine ; la cui morte è stata cantata con mesti accenti da tutti i’ piu famosi dicitori del secol nostro. Calipso dipinse un vecchio, un maestro di bagatelle chiamato Theodoro, Alcisthene dipinse un saltatore. Aristarete figliola e discepola di Nearco dipinse Esculapio. Lala, Cizicena, laquale fu vergine per tutt’l tempo la sua vita, al tempo che M. Varrone era giovane, dipinse in Roma col pennello, e col cestro in avorio le figure delle donne, e un Napoletano in una tavola grande e si ritrasse ancho da se stessa nello specchio. Ne vi fu niuno, che havesse mano più veloce di lei di pittura, e ebbe tanta arte, che avanzava di gran lunga di fattura i più illustri dipintori di quel tempo, Sopilo, e Dioniso, le cui tavole riempiono le camere e le sale. Olimpia anch’ella fece alcune figure, ne di lei si dice altro, se non che Autobulo fu suo discepolo.
Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet
Il y a eu des femmes, qui aussi ont esté excellentes peintresses : et signamment Timareté fille de Nicon (sic), qui fit une fort belle Diane, qui est à Ephese, laquelle sent bien son antiquité. Il y a aussi Irené, fille et apprentisse du peintre Cratinus, laquelle contrefit Eleusiné, en fille. Calypso aussi fit un vieillard, et Theodorus enchanteur, usant de ses exorcismes. Alcisthené fit un baladin ; mais Aristareté, qui fut fille et apprentisse de Nearchus, se passa maistresse en un Aesculapius qu’elle fit. Marcus Varro dit, que luy estant encores jeune homme, y avoit à Rome une fille de Spiga, nommee Lala, laquelle se maintint vierge toute sa vie, et besongnoit fort bien du pinceau, et gravoit parfaitement en yvoire, avec le burin : mais surtout, elle estoit excellente à faire des femmes. Elle fit aussi un Napolitain en grand volume : et se contrefit soy mesme, à un miroir. Et dit-on, qu’il n’y eut onc peintre qui eust la main si legere, que ceste fille : et estoit d’ailleurs si consommee en cest art, que sa besongne se vendoit ordinairement plus, sans comparaison, que celle de Sopylos et de Dionysius, qui estoyent de son temps : et neantmoins on estimoit un cabinet fort riche, où y avoit des pieces desdits peintres. Il y a aussi eu une Olympias, qui s’est meslee de peindre : toutesfois je ne trouuue chose digne de memoire d’elle, hormis qu’elle monstra le mestier de peintre à Autobulus.
Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes
On a vu aussi des femmes se distinguer dans la peinture ; car Timarete, fille de MiconPeintre athénien dont on a parlé ci-dessus., peignit Diane dans un tableau qui de voit au temple d’Ephese, et dont la peinture est fort ancienne. Irene, fille et éleve du peintre CratinusPausanias nous montre un statuaire de ce nom, et qui étoit spartiate, Eliac. liv. 6, p. 360., peignit la jeune fille qu’on voit à Eleusis ; la Nymphe Calypso ; un vieillard, et l’enchanteur Théodore : Alcisthene le danseur : Aristarete, fille et éleve de Néarque, un Esculape. Lala de Cyzique resta toujours fille. Elle florissoit du tems que Varron étoit jeune. Elle se distingua à Rome, tant au pinceau qu’au cestre. Elle employoit ce dernier à peindre sur l’ivoireA l’encaustique, comme le verra plus loin, section suivante.. Elle représentoit principalement des femmes. Elle fit à Naples un grand tableau représentant une vieille. Elle fit aussi, au miroir, son propre autoportrait. Aucune autre main que la sienne ne fut douée d’une aussi grande promptitude en peinture ; et son talent étoit tel que ses ouvrages passoient de beaucoup le prix des tableaux de Sopolis et de Denys ses contemporains, qui ont rempli les galeries de portraits de leur façon. On compte aussi parmi les peintres une Olympias dont, au reste, on ne sait autre chose, sinon qu’Autobulus fut son éleve.