Anecdote · Fiche 22

Apelle et la nimia diligentia

Fortune textuelle et iconographique d’un récit antique, ordonnée par sources, langues et représentations.

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22
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Chronologique

Chronologie documentaire

Chronologie des attestations et de la transmission

72 textes affichés

-46Date de rédaction
latinTexte 974 · Source 988

Orator (ad Brutum)

Cicéron (Marcus Tullius Cicero) · p. 26

In omnibusque rebus uidendum est quatenus ; etsi enim suus cuique modus est, tamen magis offendit nimium quam parum ; in quo Apelles pictores quoque eos peccare dicebat qui non sentirent quid esset satis. suite : Timanthe

françaisTraduction 975

Cicéron (Marcus Tullius Cicero) — Orator (ad Brutum)

Et dans toutes les choses il faut voir le "jusqu'où": en effet, quoique chaque chose ait sa mesure, le "trop" choque pourtant plus que le "trop peu". A ce sujet Apelles disait que les peintres aussi se trompaient, quand ils ne sentaient pas ce qui était assez.

77Date de rédaction
latinTexte 976 · Source 53

Naturalis Historia, liber XXXV

Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus)

Et aliam gloriam usurpauit, cum Protogenis opus inmensi laboris ac curae supra modum anxiae miraretur ; dixit enim omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora, sed uno se praestare, quod manum de tabula sciret tollere, memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam.

françaisTraduction 977

Pline l'Ancien (Gaius Plinius Secundus) — Naturalis Historia, liber XXXV

Apelle revendiqua aussi un autre titre de gloire : alors qu’il admirait une œuvre de Protogène, d’un travail immense et d’un fini méticuleux à l’excès, il dit en effet que sur tous les autres points ils étaient égaux ou même que Protogène était supérieur, mais qu’il avait, lui, ce seul avantage de savoir ôter la main d’un tableau – précepte digne d’être noté, selon lequel un trop grand souci de précision est souvent nuisible.

italienTraduction 978

Pline l’Ancien; Landino, Cristoforo — Historia naturale di C. Plinio secondo tradocta di lingua latina in fiorentina per Christophoro Landino fiorentino

Usurpossi ancora un’altra gloria. Imperoche guardando anxiamente una pictura di Protogene nella quale havea messo ogni diligentia e durato ogni fatica disse che Protogene in ogni cosa era pari a lui o superiore: ma solamente in una cosa lo vinceva che Protogene non sapea levare la mano dala pictura. Volendo dimostrare che spesse volte noce la tropa diligentia. 

italienTraduction 979

Pline l’Ancien; Brucioli, Antonio — Historia naturale di C. Plinio Secondo nuovamente tradotta di latino in vulgare toscano per Antonio Brucioli

Apropriossi anchora una altra gloria, perche guardando ansiamente una opera di Protognene, di grandissima maestria, e cura, disse tutte le cose essergli equali con esso, ò migliori, che lui, ma che d’una cosa lo avanzava, che Protogene non sapeva levare le mani della tavola, con memorabile esemplo, che spesso nuoce la troppa diligentia.

italienTraduction 980

Pline l’Ancien; Domenichi, Lodovico — Historia naturale di G. Plinio Secondo tradotta per Lodovico Domenichi, con le postille in margine, nelle quali, o vengono segnate le cose notabili, o citati alteri auttori… et con le tavole copiosissime di tutto quel che nell’opera si contiene…

Usurpossi anco un’altra gloria, e cio fu, ch’essendo egli una volta tutto pensoso e pieno di maraviglia a vedere una figura di Protogene, dove egli haveva usato fatica e grandissima diligentia, hebbe a dire; come egli in tutte le cose era pari a colui, e forse anco superiore, ma ch’esso Apelle in una cosa lo avanzava, e questo era, che Protogene non sapeva levar mai la mano dalla tavola, dando in tal modo un notabil ricordo, cioè, che spesse volte la troppa diligentia altrui nuoce. Questo bel precetto d’Apelle conviene sommamente a tutti quelli scrittori, che con diligentia fastidiosa premono senza fine l’opere loro, sempre aggiungnendo levando, mutando e in cio fuor di modo peccando, che si sforzano di non peccar punto.

Langue non renseignéeTraduction 981

Pline l’Ancien; Du Pinet, Antoine — L’histoire du monde de C. Pline second… mis en françois par Antoine du Pinet

Il s’attribua aussi une autre grande gloire, considerant un tableau de Protogenes, et s’esmerveillant de la grande peine qu’il avoit prinse à y recercher trop curieusement les secrets de l’art : car il afferma que Protogenes l’égaloit bien, et que mesme il le passoit en certains poincts, mais aussi qu’il surpassoit Protogenes en un poinct seulement, c’est que Protogenes ne se savoit oster de dessus sa besongne, ce qu’il savoit tres bien faire. Qui est un mot fort considerable, pour monstrer que la trop grande diligence et curiosité nuit quelques fois.

françaisTraduction 982

Pline l’Ancien; Poinsinet de Sivry, Louis — Histoire naturelle de Pline, traduite en françois [par Poinsinet de Sivry], avec le texte latin… accompagnée de notes… et d’observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes

Il se loua encore une autre fois lui-même, relativement à un autre mérite. Il s’agissoit d’un tableau de Protogene, ouvrage d’un travail immense, et soigné à l’excès. Tout en se récriant sur les beautés sans nombre de cette peinture, il lui échappa de dire qu’il y voyoit bien que Protogene lui étoit inférieur, puisqu’en peignant, il ne savoit pas ôter la main de dessus le tableauCicéron, in Orat. n° 73 : Apelles pictores quoque eos peccare dicebat, qui non sentirent quid esset satis. : mémorable leçon qui nous apprend que dans le plus beau travail, un soin trop recherché devient souvent un défaut.

1435Date de rédaction
latinTexte 983 · Source 7

De pictura

Alberti, Leon Battista · p. 200

Protogenem soliti erant vituperare antiqui pictores quod nesciret manum a tabula amovere. Merito id quidem, nam conari sane oportet ut pro ingenii viribus quantum sat sit diligentia rebus adhibeatur, sed in omni re plus velle quam vel possis vel deceat, pertinacis est non diligentis. Ergo moderata diligentia rebus adhibenda est, amicique consulendi sunt, quin et in ipso opere exequendo omnes passim spectatores recipiendi et audiendi sunt. suite : Apelle et cordonnier

françaisTraduction 984

Alberti, Leon Battista — De pictura

Les peintres anciens avaient coutume de reprocher à Protogène de ne pas savoir détourner sa main du tableau. Et ils avaient raison sur ce point, car s’il importe grandement de tâcher d’apporter à nos entreprises autant de soin que le permettent les forces de notre tempérament, vouloir en toute chose plus qu’on ne peut ou qu’il ne convient, c’est se montrer entêté et non soigneux.

italienTraduction 985

Alberti, Leon Battista — De pictura

Biasimavano gli antiqui Protogene pittore che non sapesse levare la mano d’in sulla tavola. Meritamente questo, però che, benché si convenga sforzare, quanto in noi sia ingegno, che le cose con nostra diligenza sieno ben fatte, pure volere  in tutte le cose più che a te non sia possibile, mi pare atto di pertinace e bizzarro,  non d’uomo diligente.

1494Publication originale
françaisTexte 986 · Source 271

De institutione reipublicae libri IX, l. I, chap. 10, De pictura, sculptura, & caelatura, & de earum inuentoribus, &qui in illis profecerint

Patrizi, Francesco (da Siena) · p. 81v

Et quant à Apelles, il a tousiours esté grand observateur de la bien-séance et honnesteté, donnant à chasque personnage qu’il peindoit, sa grâce et maintien, craignant d’offenser en son art, ou par avancer trop, ou par retrancher quelque peu de la grâce de l’image pourtraicte. En quoy il disoit que les autres Peintres failloient pour ce qu’ils ne s’apercervoient point de ce qui suffisoit.

1500Publication originale
latinTexte 987 · Source 491

Collecteana Adagiorum

Érasme (Desiderius Erasmus) · vol. 1, p. 224

M. Tullius in epistola quadam : Heus tu, manum de tabula ! magister adest citius quam putaramus. Videtur autem hac proverbiali figura manum de tabula admonuisse, ut desisteret a scribendis dicteriis. Allusum autem apparet ad Apellis nobilissimi pictoris dictum. Qui cum Protogenis opus immensi laboris ac curae supra modum anxiae miraretur, ait omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora, sed uno se praestare, quod manum ille de tabula nesciret tollere, memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam. Haec Plinius libro XXXV, cap. X. Proinde si quando admonebimus, ut recedat aliquis ab opere negotiove, quod in manibus habet, iubebimus illum manum de tabula tollere. Peculiariter autem conueniet in quosdam scriptores plus satis accuratos et morosae cuiusdam diligentiae, qui sine fine premunt suas lucubrationes semper aliquid addentes, adimentes, immutantes, et hoc ipso maxime peccantes, quod nihil peccare conantur.

françaisTraduction 4709

Érasme (Desiderius Erasmus) — Collecteana Adagiorum

Cicéron écrit dans une lettre: "Eh toi! Lâche ta tablette; le maître est arrivé plus tôt que prévu." Or il me semble, par cette métaphore proverbiale "Lâche ta tablette", avoir averti quelqu'un de cesser d'écrire des plaisanteries. Il s'agit clairement d'une allusion à une parole du très célèbre peintre Apelle. "Comme il admirait une œuvre de Protogène qui était le fruit d'un immense travail et d'un soin méticuleux à l'excès, il dit que sur tous les autres points ils étaient égaux ou que Protogène était meilleur, mais que lui-même l'emportait sur u seul point: il savait "lâcher sa tablette", exprimant par ce précepte digne d'être retenu que trop de soin est bien souvent nuisible." Voilà ce que dit Pline au chapitre 10 du livre 35. Ensuite, si nous voulons avertir quelqu'un de cesser un travail ou une activité qu'il est en train de faire, nous lui ordonnerons de "lâcher sa tablette". Cela conviendra particulièrement à certains écrivains trop méticuleux et d'une minutie maladive qui reprennent sans cesse leurs écrits, qui ajoutent, retirent, changent toujours quelque chose et ont précisément comme principal défaut de chercher à n'avoir aucun défaut.

1506Publication originale
latinTexte 4789 · Source 990

Commentariorum urbanorum Raphaelis Volaterrani octo et triginta libri cum duplici eorundem indice secundum tomos collecto

Maffei, Raffaele (Il Volterrano) · fol. CXXXVI

suit Apelle grâce Protogenem etiam admirari solebat tanquam parem famae suae, verum una tantum re inferiorem: ille de tabula manum nesciret tollere, memorabili praecepto, nocere saepe nimiam diligentiam. suite Apelle et Alexandre

1513-1524Date de rédaction
italienTexte 991 · Source 80

Il libro del Cortegiano

Castiglione, Baldassare · p. 62-65

Allora il signor Magnifico, « Questo ancor, » disse, « si verifica nella musica, nella quale è vicio grandissimo far due consonanzie perfette l’una dopo l’altra; tal che il medesimo sentimento dell’audito nostro l’aborrisce e spesso ama una seconda o settima, che in sé è dissonanzia aspera ed intollerabile; e ciò procede che quel continuare nelle perfette genera sazietà e dimostra una troppo affettata armonia; il che mescolando le imperfette si fugge, col far quasi un paragone, donde piú le orecchie nostre stanno suspese e piú avidamente attendono e gustano le perfette, e dilettansi talor di quella dissonanzia della seconda o settima, come di cosa sprezzata. » « Eccovi adunque, » rispose il Conte, « che in questo nòce l’affettazione, come nell’altre cose. Dicesi ancor esser stato proverbio presso ad alcuni eccellentissimi pittori antichi troppa diligenzia esser nociva, ed esser stato biasmato Protogene da Apelle, che non sapea levar le mani dalla tavola. » Disse allora messer Cesare: « Questo medesimo diffetto parmi che abbia il nostro fra Serafino, di non saper levar le mani dalla tavola, almen fin che in tutto non ne sono levate ancora le vivande. » Rise il Conte e suggiunse: « Voleva dire Apelle che Protogene nella pittura non conoscea quel che bastava; il che non era altro, che riprenderlo d’esser affettato nelle opere sue. Questa virtú adunque contraria alla affettazione, la qual noi per ora chiamiamo sprezzatura, oltra che ella sia il vero fonte donde deriva la grazia, porta ancor seco un altro ornamento, il quale accompagnando qualsivoglia azione umana, per minima che ella sia, non solamente súbito scopre il saper di chi la fa, ma spesso lo fa estimar molto maggior di quello che è in effetto; perché negli animi delli circunstanti imprime opinione, che chi cosí facilmente fa bene sappia molto piú di quello che fa, e se in quello che fa ponesse studio e fatica, potesse farlo molto meglio. E per replicare i medesimi esempi, eccovi che un uom che maneggi l’arme, se per lanzar un dardo, o ver tenendo la spada in mano o altr’arma, si pon senza pensar scioltamente in una attitudine pronta, con tal facilità che paia che il corpo e tutte le membra stiano in quella disposizione naturalmente e senza fatica alcuna, ancora che non faccia altro, ad ognuno si dimostra esser perfettissimo in quello esercizio. Medesimamente nel danzare un passo solo, un sol movimento della persona grazioso e non sforzato, súbito manifesta il sapere de chi danza. Un musico, se nel cantar pronunzia una sola voce terminata con suave accento in un groppetto duplicato, con tal facilità che paia che cosí gli venga fatto a caso, con quel punto solo fa conoscere che sa molto piú di quello che fa. Spesso ancor nella pittura una linea sola non stentata, un sol colpo di pennello tirato facilmente, di modo che paia che la mano, senza esser guidata da studio o arte alcuna, vada per se stessa al suo termine secondo la intenzion del pittore, scopre chiaramente la eccellenzia dell’artifice, circa la opinion della quale ognuno poi si estende secondo il suo giudicio e ’l medesimo interviene quasi d’ogni altra cosa. Sarà adunque il nostro cortegiano stimato eccellente ed in ogni cosa averà grazia, massimamente nel parlare, se fuggirà l’affettazione; nel qual errore incorrono molti, e talor piú che gli altri alcuni nostri Lombardi; i quali, se sono stati un anno fuor di casa, ritornati súbito cominciano a parlare romano, talor spagnolo o franzese, e Dio sa come; e tutto questo procede da troppo desiderio di mostrar di saper assai; ed in tal modo l’omo mette studio e diligenzia in acquistar un vicio odiosissimo. E certo a me sarebbe non piccola fatica, se in questi nostri ragionamenti io volessi usar quelle parole antiche toscane, che già sono dalla consuetudine dei Toscani d’oggidí rifiutate; e con tutto questo credo che ognun di me rideria. »

1525Publication originale
italienTexte 988 · Source 132

Libro di natura d’amore

Equicola, Mario · fol. 54v-55v

Cosi fa fine alla sua aurea Aura, dalla quale come il Lion si conobbe dalle unghie Tale si dice della statura d’Hercole, che fu misurata dall’orma del piede, si puo del suo ingegno dar giudicio, e con pace degli altri sia detto, solo interamente ha conosciuto come dal candore, e purita della Romana lingua con gratia si riducano in vostro vulgatissimo uso le parole : non con moltitudine d’affettati, et impertinenti epitethi : non con vocaboli dal latino fastidiosamente tratti, ha la sua inventione vestita ; ma di parole con industriosa diligentia dalla corte elette. Et nondimeno è stata tanto l’arte, e si occulta, ch’ogni cosa appare naturale, e propria, ne aliena dalla volgare consuetudine. Le parole artificiosamente collocate, senza artificio poste apparirebbono, se certa nascosta dilettatione non manifestasse l’arte. Perche le clausule numerosamente correnti, tirate con giocondità al fin corrono, non per tanto che canzon non ti paia percioche cosi offende il tropppo, come il poco, et ogni diletto ha il fastidio per confine. Et d’Apelle fu detto, che nuove spesso la soverchia diligentia. Il mio Calandra gli ha posto modo, sapendo che Apelle riprendeva ne pittori che non sapevano quel che fosse assai. Se quello è adunque felicissimo parlare, secondo la opinione de deottissimi, che da retto ordine, convenevol giuntura, e soave numero acconciamente è congiunto : questo è dal dotto Calandra nella sua Aura espresso.

françaisTraduction 989

Equicola, Mario — Libro di natura d’amore

Ainsi il fait fin à son Aure d’or, par laquelle, comme le lion se cognoist par les ongles Lon en dit autant de la stature d’Hercule, qui fut mesuré, par la trace et grandeur du pied, on peut juger de son esprit, et n’en desplaise aux autres il a seul entierement cogneu, comme de la candeur et purité de la langue romaine, se reduisent avec grace, les parolles, en nostre trescommun usage, non avec multitude d’epithetes affectez et impertinens, non avec vocables tirez de latin, et ennuyeux, il a vestu et agencé son invention, de parolles choisies de la court, avec une industrieuse diligence. Et neantmoins l’industrie a esté si grande et tant cachée, que toute chose semble naturelle et propre, ny eslongnée de la vulgaire coustume. Les parolles artificiellement colloquées sembleroient couchées sans artifice, si une certaine secrette delectation ne manifestait l’artifice. Car les clauses par nombres courantes, tirées, avec plaisir, courent à la fin, montant que ce ne te semble chanson, pource que le trop offense tout ainsi que le peu, et tout plaisir à l’ennuy pour voisin. Mon Calandre y a trouvé moyen, sachant qu’Apelles reprenoit les peintres qui ne sçavoient pas ce qui estoit assez. Apelles dist aussi, que la trop grande diligence nuit souvent. Si donc, suyvant l’opinion des tresdoctes, la maniere de parler est tres-heureuse, laquelle est proprement accompagne d’un droict ordre, convenable liaison, et gracieux nombre : elle a esté exprimée par le docte Calandre, en son Aure.

1528Publication originale
latinTexte 990 · Source 134

Laus Dureri

Érasme (Desiderius Erasmus) · p. 40

voir le reste dans Apelle irreprésentable : Fateor Apellem fuisse eius artis principem, cui nihil objici potuit a caeteris artificibus, nisi quod nesciret manum tollere de tabula. Speciosa reprehensio.

1539Publication originale
françaisTexte 992 · Source 204

Le Theatre des bons engins, auquel sont contenuz cent Emblemes

La Perrière, Guillaume de

Peintre voulant être trop curieux,

A façonner tant de fois son image,

Par trop cuyder faire de bien en mieux,

Enfin pourrait bien gâter son ouvrage.

Au cas pareil, l’esprit léger, volage,

Par trop cuyder blasonner et savoir,

Souvent se perd, et n’en peut-on avoir

A l’avenir, que bien peu d’espérance.

Mieux doncque veut saint Paul ramentevoir,

Qui dit, qu’on doit savoir à suffisance.

(1540–1550)Date de rédaction
italienTexte 996 · Source 94

Il codice Magliabechiano cl. XVII. 17 contenente notizie sopra l’arte degli antichi e quella de’ fiorentini da Cimabue a Michelangelo Buonarroti, scritte da anonimo fiorentino

· p. 22

suit Apelle grâce Et guardando egli con grande attentione una pittura di Protogene, disse, che egli era equale a luj o superiore, ma d’una cosa sola lo vinceva et passava, che esso Protogene non sapeva levare la mano dalle sue opere, volendo inferire, che bene spesso la troppa diligentia nuoce assaj.

1548Publication originale
italienTexte 995 · Source 293

Dialogo di pittura

Pino, Paolo · p. 119

Vero è ch’ambi gli estremi sono biasmevoli, et a questo proposito si dice, ch’Apelle biasmava sé stesso, perch’era troppo diligente, né mai finiva di ricercare e perficere l’opere sue, la qual cosa è molto all’intelletto nociva. Il contrario poi si dice d’un altro pittore, il qual dimostrò una sua opera ad Apelle, gloriandosi averla fatta prestissimo, al che rispose Apelle: “ Senza che tu me lo dica l’opera lo manifesta da sé stessa.” Et anco quest’empiastrar, facendo il pratico, come fa il vostro Andrea Schiavone, è parte degna d’infamia, e questi tali dimostrano saperne puoco, non facendo, ma di lontano accennando quello, che fa il vivo, e per ciò vi conviene usar una mediocre diligenzia, non avendo riguardo all’ispender tempo, anzi usavano gli antichi (e si dovrebbe seguir anco, come buona parte) che tutte le tavole, o quadri (come volete nominarli), finite ch’erano, le riponevano da canto, e un tempo dopoi le rivedevano, ed emendavanle. Quest’ordine tengono i letterati nelle loro composizioni, et è molto utile.

1551Publication originale
italienTexte 997 · Source 333

Cento giuochi liberali, et d'ingegno nuovamente ritrovati, libro IX

Ringhieri, Innocenzio · fol. 146r

Per qual ragione Apelle giudicava poco intendenti quei pittori, che non sapeano levar le mani dalla tavola.

françaisTraduction 998

Ringhieri, Innocenzio — Cento giuochi liberali, et d'ingegno nuovamente ritrovati, libro IX

Par quelle ocasion Appelle estimoyt les peintres peu expers, qui ne savoyent soutenir la main sans l’apuy du tableau.

1555Publication originale
latinTexte 4574 · Source 103

Pegma, cum narrationibus philosophicis

Coustau, Pierre · p. 203-205

Protogenes nimium picturae intentus inani,
Non norat dextram tollere de tabula.
Qui genium fraudas & iusti choenicis vsum,
Vt possis studiis invigilare tuis:
Obductasque situ tractas sine puluere chartas,
Non metuis fati conscius esse tui?

NARRATIO PHILOSOPHICA

Catonem eum qui posteà Vticensis dictus est, Marcus Cicero librorum helluonem appellauit, quòd doctrinae studia nunquam intermitteret, & quantum illi forensium negotiorum labor otii tribuebat, ad legendum conferret. In iisdem literarum studiis immori audiuimus C. Plinium, qui omne tempus sibi perire affirmabat, quod non rerum magnarum contempationi impenderet. Qua in sententia principes illi philosophi fuerunt, qui cùm se à publicis negotiis remouissent, animum ad veritatis cognitionem acommadauerunt, & dies noctésque in contentione versabantur. Quod etsi laudandum & gloriosum est, erit tamen ei qui ita animo est affectus, omnino videndum, ne qua sua iactura & valetudinis offensione illud oneris sibi imponat. Sed forsitan hominibus discendi studio inflammatis difficile factu fuerit rationem sui habere, seque à mirifica illa dimicatione reuocare. In quorum vitam per media literarum studia velut quadrigis vehentem, si qua misera fortuna aegritudinis incurrerit, discunt certè suo incommodo, quantùm interposita remissio ad sanitate fuisset profutura. Nam etsi contentioni quies incredibiliter aduersetur, accidit tamen vt illa maiorem in modum contentionem iuuet, eosque qui in negotio sunt, maiores postea ad rem gerendam efficiat, Neque verò iis qui opere distinentur minus peruidendum erit, quomodo laborem suum mediocritate & remissione leniant, quàm vt facilè quod volunt, assequantur. Habet enim saepissimè nimis operosa concursatio tardictatem, & qui sine intermissione in aliquam rem fertur, interdum à calce ad carceres reuocatur.

françaisTraduction 4576

Coustau, Pierre — Pegma

Protogenes peignoit excellemment:
Et estoit dit n’avoir la continence
D’oter la main de l’oeuvre un seul moment
Dont on blasmoit si grande diligence.
Ceux qui n’ont point moyen ny temperance
En leur estude, ilz se font un grand tort:
Car bien souvent, pour un desir immense
De trop savoir sont cause de leur mort.

Narration Philosophique.

Ciceron appelloit Cato, celuy qui puis apres fut nommé Uticensis, gourmant de livres: par ce qu’il n’intermetoit jamais l’etude des sciences, & tout les tems & loisyr que les affaires de la chose publique luy pouvoient donner, l’emploioit à lire. A la méme étude des létres Pline enviellissoit, assurant tout le tems étre perdu, qui n’etoit donné a la cognoissance des choses grandes. En laquelle opinion étoient anciennement ces excellens Philosophes, qui s’etans retirez du maniment de la chose publique, mirent leur esprit à la cognoissance de verite: & jour & nuit étoient en contention. Laquelle chose combien qu’elle soit louable, faut toutefois que celuy qui est de telle vacation, se donne guarde qu’il ne reçoive céte charge avec dommage & perte de sa santé. Mais par avanture il est fort difficile aux gens envieux d’apprendre d’avoir éguard à soy, & temperer céte grande ardeur. Mais si quelque mauvaise fortune de maladie vient au travers de leur vie quasi portée par charios par le milieu des letres, ilz apprenent certes à leur dommage combien un petit relai leur eut servi a la santé. Car encores que repos soit fort contraire a labeur, il avient toutefois qu’il aide grandement le travail, & fait ceux qui sont en affaires plus habiles à la besoigne Et ne doivent ceux qui ont quelque chose en main moins aviser à adoucir leur labeur par quelque mediocrité & repos, qu’à parvenir a ce qu’ilz pretendent. Car un trop grand prochas est souvent retardé: & qui sans intermission se jette en quelque chose est aucunefois revoqué de la fin au commencement.

1557Publication originale
italienTexte 1001 · Source 125

Dialogo di pittura intitolato l’Aretino, nel quale si raggiona della dignità di essa pittura e di tutte le parti necessarie che a perfetto pittore si acconvengono

Dolce, Lodovico · p. 185

LAURO — Bisogna sopra tutto fuggire la troppa diligenza, che in tutte le cose nuoce. Onde Apelle soleva dire che Protogene (se io non prendo errore) in ciascuna parte del dipingere gli era eguale e forse superiore; ma egli in una cosa il vinceva, e questa era ch’ei non sapeva levar la mano dalla pittura. FABRIANO — Oh quanto la soverchia diligenza è anco dannosa negli scrittori! Perché, ove si conosce fatica, ivi necessariamente è durezza et affettazione, la quale è sempre aborrita da chi legge.

1560Publication originale
italienTexte 4926 · Source 268

Dell’imitatione poetica. Libro primo

Partenio, Bernardino · p. 85

Di cui si puo aggiungere che [Sannazaro] non sia differente da gli antichi in cosa alcuna altra, salvo che per cagione del secolo, et dell’erà, fu elaborato, et appare haver usato incredibil lima ; onde di lui giudicando il Pontano, dalla cui Academia usci, insieme con tanti illustri ingegni, quello di lui diceva, che Apelle di Protogene, cioè che non sapesse levar la mano dal quadro, volendo notare la troppo grande cura, et diligenza di quello.

1567Date de rédaction
italienTexte 1002 · Source 4

Lettera a m. Giorgio Vasari, nella quale si racconta i nomi, e l’opere de’più eccellenti artefici antichi in Pittura, in bronzo, et in marmo

Adriani, Giovanni Battista · p. 190

suit Apelle grâce Di questo altro si dava egli anche vanto che, riguardando i lavori di Protogene con maraviglia di fatica grande e di pensiero infinito, e commendandoli oltre a modo, in tutti diceva averlo pareggiato, e forse in alcuna parte essere da lui vinto, ma in questo senza dubbio essere da più, perciò che Protogene non sapeva levar mai la mano d’in sul lavoro. Il che, detto da cotale artefice, si vuole avere per ammaestramento, che spesse fiate nuoce la soverchia diligenza.  suite : Apelle et Protogène

(1571)Date de rédaction
italienTexte 1003 · Source 232

Discorso di Bartolomeo Maranta all’Ill.mo Sig. Ferrante Carrafa marchese di Santo Lucido in materia di pittura, nel quale si difende il quadro della cappella del Sig. Cosmo Pinelli, fatto per Tiziano, da alcune opposizioni fattegli da alcune persone [Biblioteca Nazionale di Napoli, ms. II c. 5]

Maranta, Bartolomeo · p. 883

suit Apelle grâce Et è ciò di tanto momento che da questo solo acquistò Apelle particolar gloria e vinse tutti gli altri famosissimi pittori, del che egli stesso se ne solea vantare dicendo che le opere di quei famosi pittori del suo tempo erano degne da ammirarsi e da lodarsi assai, ma mancava loro poi quella venere e quella grazia di che abbiamo parlato, et in questo si gloriava di non trovar pari, ancorché nelle altre cose confessava di esser pareggiato e forse anco avanzato. Anzi invero egli cedeva nella disposizione ad Anfione e nella proporzione ad Asclepiodoro e nella diligenza a Protogene, ancora che in costui fosse ripreso quella soverchia diligenza, dicendosi che non sapea levare la mano dalla tavola.

1580Publication originale
anglaisTexte 1005 · Source 217

Euphues and His England

Lily, John · p. 135

Lady, I neither flatter you nor please my selfe (although it pleaseth you so to coniecture) for I haue alwayes obserued this, that to stand    too much in mine owne conceite would gaine me little, and to claw those of whome I sought for no benefite, woulde profit me lesse : yet was I never so ill brought up, but that I could when time and place should seme, giue every one I lyked their just commendation, unlesse it were among those that were with-out comparison : offending in nothing but in this, that beeing too curious in praising my Lady, I was like to the painter Protogenes who could neuer leaue when his worke was well, which faulte is to be excused in him, bicause hee would make it better, and may be borne with in mee, for that I wish it excellent.

1584Publication originale
italienTexte 1004 · Source 51

Eccellenza del San Giorgio di Donatello

Bocchi, Francesco · p. 188

Nessuna cosa è che meno al nostro appetito sodisfacci, come la troppa diligenza et i troppo isquisiti ornamenti, quando e’ sono in quelle opere collocati, che la natura senza più deono imitare. E per questa cagione Apelle, più solenne e più singulare dipintore de’ suoi tempi, soleva biasimare coloro che con troppo studio si affaticavano, e di mettere nuove fatiche e di usare nuova diligenza nelle opere loro non finavano mai. Ora, chi è che non vede che la diligenza e l’artifizio, comecché nel San Giorgio siano mirabili, che tuttavia eglino non appariscono, ma quella maggiore natural bellezza esprimendo, che ne’ corpi umani si puote trovare, ci mostrano una convenevolezza leggiadra, un tutto da ogni parte unito, nobile e perfetto ?

1584Publication originale
italienTexte 1006 · Source 55

Il riposo di Raffaello Borghini : in cui della pittura, e della scultura si fauella, de’piu illustri pittori, e scultori, et delle piu famose opere loro si fa mentione ; e le cose principali appartenenti à dette arti s’insegnano

Borghini, Rafaello · p. 273

suit Apelle grâce Lodava molto l’opere di Protogene, ma in una sol cosa il biasimava, che egli non sapea mai levare la mano della pittura, volendo dimostrare che la soverchia diligenza nuoce il più delle volte.

1584Publication originale
italienTexte 1007 · Source 221

Trattato dell’arte della pittura, scultura ed architettura

Lomazzo, Gian Paolo · p. 419

Quantunque però sia sempre più degno di lode che fa le cose sue più accuratamente, se ben con maggior tempo, che chi le fa con prestezza e male avendo da porsi avanti a gl’occhi molte parti che’l primo non possiede, onde è scritto d’Apelle, che dicendogli talvolta uno ch’egli aveva fatto in picciolo tempo una gran pittura gli rispose che ciò ben si vedeva, sì come anco motteggiò una volta Michel Angelo il suo Vasari. E per questa parte sono stati celebrati principalmente Rafaello, Polidoro, il Parmegiano, Gaudenzio, et alcuni veneziani, parte di quali però usarono le invenzioni con colorimenti et imitazioni naturali, lasciando adietro il disegno e l’anatomia che è proprio fondamento e base delle invenzioni, sì come molti altri se ne ritrovano che così esteriormente fanno le loro invenzioni, e ne disegnano tante che oggi mai se ne fanno scartocci da speciali.

1587Publication originale
italienTexte 1008 · Source 16

De’ veri precetti della pittura

Armenini, Giovanni Battista · p. 150-151

E nel vero è manifesto che si trova in molte cose non esser men grata la diligenza che l’ingegnodans les dessins de Léonard de Vinci.. Io non dico che perciò si debba cadere in quelli estremi del non saper mai levar le mani di su l’opere che si fanno, del qual vizio ne fu biasimato Protogene da gli antichi pittori, ma si desidera bene una diligenza, che sia bastevole e non ostinata e ciò specialmente si deve in quelle cose che sono per dovere star molt’ anni al bersaglio d’ognuno, il che aviene in quelle che sono ne’ luoghi comuni e ne’ magnifici e discoperti.

1603–1604Publication originale
néerlandaisTexte 1009 · Source 757

Het leven der oude antijcke doorluchtighe schilders

Van Mander, Karel · fol. 77v

Hy eyghende hem selven noch toe een groote eere, aendachtich aensiende een Tafereel van Protogenes, hem verwonderende van den grooten arbeydt die hy hadde ghedaen, in al te sorchvuldich de verborgentheden der Const t’ondersoecken, bekende en bevestichde, dat Protogenes hem wel in de Const ghelijck was, jae in sommighe deelen hem te boven ging: maer dat hy Protogenem in een deel alleen te boven gingh: dat was daer in, dat Protogenes nemmermeer van zijn werck en con scheyden, het ghene hy seer wel doen conde. Hier (mochtmen seggen) en prees Appelles hem selven so seer niet: want menich soude noch Protogenem daer in wel overtreffen, in te connen scheyden van zijn werck, of langhe daer van te blijven oock. maer daer is wat anders mede gemeent, en is een reden die wel t’Aenmercken is: want daer mede wort te kennen gegeven, dat te groote neersticheyt, en sorghvuldicheyt, somtijden schadelijck is: want men sal bevinden, dat een dingen dat met moeyten oft moeylijck ghedaen is, dickwils moeylijck om te sien sal wesen, en ghebreck hebben van eenen gheest oft gratie, als noch in’t leven der moderne Meesters hier en daer ghespeurt sal worden. Men bevindt dat Appelles alles vry uyt heeft gesproken, soo hy’t verstondt, seer openhertigh, en onbeveynst was, welcke dinghen hem wel soo seer vorderden, en achtbaer maecten, als zijn groote wetenschap: want hy achtede self boven hem in ordinantien eenen Amphyon, en eenen Asclepiodorum, in de goede proportie die hy hiel in al zijn dinghen. Suite : concours de la ligne

1610Publication originale
latinTexte 1010 · Source 351

Antverpia

Scribani, Charles (Carolus Scribanius) · p. 38

De quo illud veteres, omnia illi cum Apelle fuisse communia, nisi quod illeProtogenes. manum de tabula nesciret tollere, memorabili præcepto, nocere sæpe nimiam diligentiam. Neque Protogene minor Martinus de Vos, cuius est, auersantis psaltriæ vultum, magni Baptistæ caput; truncumque corpus, tanquam a recenti vulnere et lapsu supinum. Huius etiam est Antonius in aera raptus, tanta stipatus monstruorum sæua varietate, vt nihil necessum sit ad terrorem inferos adire, vna re tabula docebit quid timere debeas.

1626Publication originale
espagnolTexte 1011 · Source 68

Discursos apologeticos, en que se defiende la ingenuidad del arte de la pintura, que es liberal, de todos derechos, no inferior a las siete que comunmente se reciben

Butrón, Juan de · fol. 109r

Solia dezir Apeles de las trabajas obras de Protogenes, que eran iguales con las suyas, sino que Protogenes le llevava una ventaja, que no sabia dexar de pintar ; denotando que la demasiada assistencia en el trabajo suele condenarse.

1638Publication originale
espagnolTexte 1013 · Source 258

Arte de la pintura

Pacheco, Francisco · t. II, p. 155-156

Da Apeles refiere Plinio, que era tan noble que reconocía ventaja en Anfion en cuanto al disponer y en Asclepiodoro, en las medidas; y con ser el mayor pintor de su tiempo y no igualalle ninguno en la hermosura y gracia de la pintura, que los griegos llaman charis y, habiendo buscado y vencido a Protógenes en la sutiliza y primor de las lineas de diferentes colores primera y tercera vez (como lo confesó el mismo Protógenes), sabiendo que daba sus obras por poco precio, le ofrecio por una cincuenta talentos, con que movió a los rodianos que le estimasen y premiasen sus pinturas de allí adelante; y no paró en ésto, pues reconoció que le igualaba Protógenes en todo, menos en que no sabía levantar la mano de la pintura, mostrando que, tal vez, daña la muncha diligencia. 

1638Publication originale
anglaisTexte 4589 · Source 845

The Painting of the Ancient

Junius, Franciscus · p. 196

Although artificers might justly seeme to bee emboldened by the successe of art, yet did they never runne on with such a confident rashnesse, as to forget the care due unto these arts. It is a good saying of Fabius Maximus Apud Livium lib. XXII ab v.c., All things shall bee sure and cleare unto him that doth not make too much haste: rashnesse is improvident and blinde. An artificer therefore cannot be without diligence, a great help of a mean wit also, sayth Seneca the Rhetorician In proemio libri Tertii Controvers. Metrocles was wont to say, that houses and such like things were to be bought with silver, but that learning could not bee had without the expense of time and care Apud Laertium lib. VI.. Pamphilus his schoole, as we have shewed before out of Pliny, did not dismisse the disciples, unlesse they had passed their ten years in an orderly course of learning. This was a most laudable custom, seeing advancement doth most of all consist in diligence, saith Quintilian lib. II Orat. Instit. cap. 7. Neither did the Ancient when they came forth out of the shadow of the schooles to the public light, instantly forsake that diligence used about the first beginning of Art; but they did rather resolve to follow with a constant perseverance, what they had begunne with a studious industry. Nicias his diligence hath been mentioned before out of Plutarch. suite : Apelle et Protogène

1642Publication originale
italienTexte 1014 · Source 46

Trattato della pittura

Bisagno, Francesco · p. 126-127

Devo credere, che l’ufficio d’ogni elevato ingegno per condurre a perfettione tutti gli estremi delle sue opere sia lo specchiarsi in tante, e così belle opere di Raffaello, di Michel’Angelo, del Correggio, e di Meccarino, con innumerabili altri, i quali tutti diligentissimi furono in questi estremi, comparendo cose di costoro dipinte in questi tre modi, cioè a fresco, a secco, e ad oglio con tanta patienza, e unione di colori, che etiandio le loro opere a fresco passano ogni uso di minio, e nel vero è manifesto, che si trova in molte cose non essere men grata la diligenza, che l’ingegno: io non dico che perciò si debba cadere in quegli estremi, del non saper mai levar le mani di sopra l’opere, del qual vitio, ne fù biasimato Protogene da gli antichi, ma bensi desidero una diligenza, che sia bastevole, e non ostinata, e ciò specialmente si deve in quelle cose, che sono per dovere stare molti anni al bersaglio di ogn’uno: il che avviene in quelle, che sono ne’luoghi communi, e ne’ magnifici, e discoperti.

1648Publication originale
italienTexte 1015 · Source 331

Le meraviglie dell’arte, overo le vite de gl’illustri pittori veneti, e dello stato

Ridolfi, Carlo · p. 8

FùProtogene. nondimeno tassato da Apelle, di soverchia applicatione, e diligenza nelle opere sue.

1649–1662Date de rédaction
françaisTexte 1019 · Source 194

Petits traitez en forme de lettres escrites à diverses personnes, Lettre IX, « Sur la peinture »

La Mothe le Vayer, François de · p. 441-442

voir aussi Apelle grâce Comme Apelle accusa de fort bonne grace tous ceux de son art de cette trop grande exactitude, et de n’avoir pas assez fait estat dans leurs travaux de la Charité des Grecs, se mocquant de Protogene qui ne pouvoit oster la main de dessus un tableau, memorabili praecepto, nocere saepe nimiam diligentiam : Raphaël d’Urbin est celuy qui a pû de mesme reprendre le soin extréme de ces grands hommes dont nous venons de parler, qui ne sacrifioient pas aux Graces comme luy. […]

Le notable précepte qu’ilApelle. donna de fuïr comme un crime ce soin scrupuleux et superflu, qui fait dire parfois que des ouvrages sont trop achevez, est cause que plusieurs chercherent leur gloire dans la promptitude, et qu’en effet ils furent loüez d’une diligence extraordinaire. Pline en nomme quelques-uns comme Phyloxène, Nicophane, et leur precepteur Nicomaque le plus expeditif de tous, et qui n’a point eu son pareil en impetuosité d’esprit, pour user de ses termes. Il fait mention ailleurs d’une fille nommée Lala, qui peignoit dans Rome du siècle de Varron avec une si grande legereté de main, que personne jamais ne l’a passée en cela. Et il parle encore d’un Pausias de Sicyone, la plus renommée des villes de Grece pour la peinture, qui piqué de ce qu’on vouloit le faire passer pour trop lent, n’employa qu’un jour à faire ce renommée tableau appellé de là hemeresios, où l’on voioit un jeune enfant representé. Ces peintres étaient tels que Platon les demandoit, lorsqu’il défendoit de mettre aux temples d’autres figures que celles qu’un homme de cette profession pouvoit achever en un jour, formae ab uno pictore, uno absolutae die, pour lui faire user du langage de Ciceron Cic. l. 2 de leg.. Et je crois que pour coucher encore ici ce rapport de l’ancienne peinture à la moderne, l’artifice et la promptitude de Romanelli peuvent estre jointes aux precedentes, aiant commencé et fini en neuf mois au palais de Monsieur le Cardinal Mazarin, le travail de cette grande Galerie, que ceux qui s’y connoissent ne peuvent contempler sans estonnement.

1650Publication originale
latinTexte 1016 · Source 402

De quatuor artibus popularibus, de philologia et scientiis mathematicis, cui operi subjungitur chronologia mathematicorum, libri tres, cap. V, De Graphice

Vossius, Gerardus Joannes · p. 84

suit Apelle grâce Aequalis hujus Aristidis fuit Apelles ; qui, quicquid vel ante, vel sua aetate, pictorum fuit, Venere exsuperavit : unde nec ab alio, quam Apelle pingi voluit Alexander Magnus. De hoc sic Plinius loco ante dicto : […] Et aliam gloriam usurpavit, cum Protogenis opus inmensi laboris, ac curae supra modum anxiae miraretur. Dixit enim, omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora, sed uno se praestare, quod manum ille de tabula nesciret tollere : memorabili praecepto, nocere saepe nimiam diligentiam.

1652Publication originale
italienTexte 1017 · Source 257

Trattato della pittura et scultura, uso et abuso loro

Ottonelli, Giovanni Domenigo ; Berettini, Pietro · p. 206

Vasa. pa. 370 par. 1 Fra Giovanni dianzi mentovato poneva tanta diligenza nelle sacre, che non stimava poi necessario di ritornarvi sopra ad affaticare ; e le lasciava in quel modo, che erano venute la prima volta e con ragione; peroché non prendeva i pennelli, se prima non aveva fatta orazione ; né fece mai Crocifisso alcuno, che prima non si bagnasse le gote con dolce pioggia di lacrime divote ; onde l’opere sue a mio parere si perfezionavano avanti nell’officina del cuore con la divozione, e poi nella tavola con l’espressione. Felice, chi sforzerassi d’imitar maestro di tal’ eccellenza ; certo non avrà bisogno di farsi imitator dell’antico Protogene, che per troppa diligenza troppo tardava a levar dall’opera la mano ; e potrà sperar gloriosi premii da Dio in questa, e nell’altra vita.

1652Publication originale
italienTexte 1018 · Source 257

Trattato della pittura et scultura, uso et abuso loro

Ottonelli, Giovanni Domenigo ; Berettini, Pietro · p. 226

Chiunque per natura, e per industria giunge a termine d’eccellenza nella pittura, par, che prescriva a se stesso una legge di condurre ogni opera a termine di gran perfezione. Quindi l’eccellente pittore alle volte stimasi fantastico, e bizzarro, ove stimar dovrebbesi prudente, e riflessivo : conciosia che vive ansioso, e carico di gravi sospetti, che l’opera presa non riesca corrispondente al suo desiderio, ed al grido universale della sua fama ; senza che non mancano spesso emuli grandi, che fanno, e voliono scoprire ogni minimo diffettuccio. Per questa ragione forse l’antico Protogene tardava tanto a dar un’ opera per finita, usandovi una certa straordinaria, e troppa diligenza, quod manum, scrivesi di lui Plin. l. 35 c. 10, de tabula nesciret tollere: nocere saepe nimiam diligentiam : temeva egli le censure de’ valentuomini suoi pari ; ed in fatti così gli avvenne in quella sua bellissima opera detta Ialiso, la quale Apello considerò, e lodo con ammirazione ; e poi aggiunse, come nota Plutarco in Demetrio apud Plin. in Annot. l. 35 c. 10 lit. S, inclytum quidem id opus ese, sed deesse gratias, che era veramente un’ opera bellissima, ma le mancava una certa grazia, la quale se avesse avuta, sarebbe stata una pittura del Cielo. A questa ragione poco, credo, pensava il Vasari, la cui penna alle volte pare ad alcuni più secondo il di lui gusto temprata, che secondo il dovere.

1667–1789Date de rédaction
françaisTexte 1044 · Source 100

Conférences de l’Académie royale de peinture et de scupture

· p. 85

C’est donc une vanité puérile que celle de se piquer d’aller plus vite qu’un autre : le temps ne fait rien à l’affaire, dit Molière. Annibal Carrache pensait aussi de même. Un jour Sisto Badalocchio, ayant fait un tableau en concurrence avec le Dominiquin, se vantait de l’avoir fait en peu de temps, pendant que le Dominiquin avait passé au sien plusieurs mois : « Taisez-vous, lui dit Annibal Carrache, le Dominiquin l’a fait plus promptement que vous, car il l’a bien fait. »

Pour bien faire, il ne suffit pas d’aller vite, mais pour aller vite, il suffit de bien faire, dit Quintilien. Je ne prétends pas cependant condamner une heureuse facilité dans l’exécutin, mais je dis qu’il ne faut pas faire un ouvrage trop promptement. Hâtez-vous lentement, dit Horace.

J’admire donc la facilité qui vient de la possession des règles, autant que je condamne celle qui vient d’une mauvaise habitude invétérée, qui tend presque toujours à les détruire. Je sis qu’il faut prendre garde, en voulant éviter un écueil, à ne pas tomber dans un autre, car si les uns ont une vivacité mal réglée, les autres ont quelquefois une lenteur trop lourde et trop pesante ; si les premier sont besoin d’un frein qui les arrête, les autres ont, pour ainsi dire, besoin d’éperon pour les faire avancer ; la grande perfection est un milieu entre ces défauts opposés. S’il faut donc arrêter un excès de facilité qui fait négliger ses ouvrages, il faut animer une lenteur trop exacte qui rend ce que l’on fait triste, froid et languissant. « La plupart des peintres, disait Apelle, ne savent pas connaître ce qui est assez. »

1667Publication originale
italienTexte 1020 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 84-85

Stimò sopr’ogni altro Protogene, e con lui fece stretta amistà, portandogli, come dirassi altrove, per quanto egli seppe utilità e riputazione. XII Quando vide il Gialiso, nel fare il quale Protogene aveva consumati sett’ anni, perdè la parola, e rimase stordito in contemplare quell’ accuratezza eccessiva : poi voltatosi addietro, esclamò : Gran lavoro ! Opera mirabile ! Artefice egregio ! Ma non c’è grazia pari a tanta fatica. Se non mancasse questa sarebbe cosa divina. Protogene in tutte le cose m’agguaglia, e facilmente mi supera, ma non sa levar le mani di sul lavoro : e con quest’ultime parole insegnò, che spesso nuoce la diligenza soverchia XIII.

1667Publication originale
italienTexte 1021 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 121-123

XII. Quando vide il Gialiso ec.

Questo racconto è cavato da quanto dicono Plinio l. 35. C. 10. Plutarco nella Vita di Demetrio a 898. Eliano Var. Stor. lib. 12 c. 41. le parole del quale non mi paiono a bastanza espresse dal Rodigino l. 21. c. 37. dell’antiche lezioni. Di questa pittura lungamente in Protogene.

XIII. Ma non sa levar le mani di sul lavoro : e con quest’ultime parole ec.

Plinio l. 35. 10. Sed uno se praestare, quod manum ille de tabula nesciret tollere. Memorabili praecepto nocere saepè nimiam diligentiam. A questo detto alluse Cicerone nell’Orat. n. 22. In quo Apelles pictores quoque peccare dicebat, quod non sentirent quid esset satis. Di questa smoderata diligenza abbiamo due esempli riferiti da Plinio. l. 34 c. 8. Ex omnibus autem maximè cognomine insignis est Callimachus, semper calunniator sui, nec finem habens diligentiae, ob id Cacizotechnos appellatus, memorabili exemplo adhibendi curae modum. Huius sunt saltantes Lacenae, emendatum opus, sed in quo gratiam omnem diligentia abstulerit. Non mi fermo a ricercare il vero cognome di Callimaco. V. Vitruvio l. 4 c. 1. E quivi Guglielmo Filandro. Ritorno a Plinio, che nel medesimo cap. disse d’Apollodoro. Silanion fecit Apollodorum fictorem et ipsum, sed inter cunctos diligentissimum artis, et inimicum sui iudicem, crebro perfecta signa frangentem, dum satiare cupiditatem nequit artis, et ideo insanum cognominatum. E pur questa pazzia nasceva da troppo sapere, il quale passando più la di quello che potesse operar la mano fece rompere a Michelagnolo la Pietà, che da lui stimata bellissima, benchè non sodisfacesse a quel gusto troppo squisito. Questa medesima incontentabilità (siami lecito così chiamare il vizioso desiderio della perfezione) ha tolta la dovuta gloria a due grandissimi pittori della mia patria, e questi sono Cristofano Allori detto il Bronzino, e Andrea Commodi, i quali non trovando la mano obbediente alla loro grandissima intelligenza dell’arte, fecero pochissimo, e per consequenza non è conosciuto, e celebrato quanto merita il lor valore. Ma torniamo, come si dice, un passo addietro per ben dichiarare quelle parole di Plinio, Manum de tabula tollere, delle quali si vale Gio. Serrano celebre traduttor di Platone largamente traslatando un luogo bellissimo del sesto lib. delle leggi a 671. An ignoras idem hac in re quod in pictorum arte contingere? Illi enim nullum in pingendis animalibus finem habere videntur: sed subinde colores inducunt, vel subducunt, sive alio quovis vocabulo pictores id soleant significare, nunquam desinit pictura ornamentum quoddam adhibere, neque solet manum de tabula tollere. Novae enim continuò rationes in mentem pictoris veniunt, quae ad absolutiorem, cumulatioremque operis pulchritudinem, et perspicuitatem pertinere possunt. Dallo stesso luogo di Plinio Erasmo cava il proverbio. Manum de tabula. Ma avvertasi, che la medesima dichiarazione non può tornare a quelle parole di Cicerone l. 7 epist. 25. Sed heus tu, manum de tabula. Magister adest citius quam putaramus; parendomi più acconcia l’esplicazione del nostro Vettori nelle Castig. a Cicer. p. 73. dal quale il Turnebo negli Avvers. e Paolo Manuzio nel Coment. all’Epist. di Cicerone senza ne pur mentovarlo, o saperne a quel buono, nobile, e dotto vecchio grado veruno. Chi volessi ritrovare i fondamenti di questo enimma Tulliano riputato oscurissimo, vegga Rodig. L. 12 c. 17. Salmasio sopra la Storia Augusta a 49. Basilio Fabro alla Voce Catonium, e altri; bastando a me che manum de tabula, tanto appresso Plinio, quanto appresso Cicerone sia usato con metafora presa dalla pittura, ma però diversamente applicato. E per non tralasciare cosa veruna, Ausonio Pompa sopra i Frammenti di Varrone a 241. illustrando le seguenti parole del Prometeo, citate da Nonio alla voce satias per satietas. Cum sumere cepisset voluptas retineret, cum sat haberet, satias manum de mensa tollere, stima che in esse si alluda al proverbio manum de tabula ; avrei che dire, ma basti averlo accennato.

1667Publication originale
italienTexte 1022 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 153

Abbiamo considerati in Apelle gli stupori e della natura, e della grazia dote a lui propria, ma coltivati dall’arte: restano da contemplare in Protogene l’eccellenze dell’arte e della fatica, in cui egli fu singolarissimo, ma non abbandonate della Natura. Imperciocchè non averebbe potuto questo artefice dipignere con diligenza tanto eccessiva: e tollerare sì gravi e lunghi disagi privo dell’amore e del gusto nell’operare, che procedon dal genio, né si sarebbe con tant’ arte applicato ad occultar l’arte medesima, ed a fuggir nelle sue pitture la secchezza e lo stento, se dalla naturale inclinazione non fosse stato portato a bene imitare, e in un certo modo a superara la Natura.

I. Protogene fu di Cauno città della Caria soggetta a Rodi; benchè altri lo facciano di Santo città di Licia. Visse e fiorì ne’ medesimi tempi che Apelle, di cui fu concorrente, e quel che par maraviglioso, anche amico. II. Da principio fu povero in canna, e tanto applicato, e diligente nell’arte, che poco gli compariva il lavoro, non sapendo veramente, come di lui disse Apelle, mai levarne le mani.

1667Publication originale
italienTexte 1023 · Source 109

Vite de' pittori antichi

Dati, Carlo Roberto · p. 162

II. Da principio fu povero in canna, e tanto applicato e diligente nell’arte, che poco gli compariva ec.

Plin. l. 35. c. 10. Summa ei paupertas initio, artisque summa intentio, et ideo minor fertilitas. Protogene è lodato per la gran diligenza. Quintiliano l. 35. c. 10. (sic) afferma essere stato insigne, cura Protogenes. Troppo note sono le fatiche e i disagi da lui sofferti nel dipignere il Gialiso. Non è però da credere che questa gran diligenza cagionasse nelle di lui pitture secchezza, mentre si leggono in Plinio quelle parole ad esso attenenti: Impetus animi, et quaedam artis libido in haec potius eum tulere.

1668Publication originale
françaisTexte 1024 · Source 288

L’Art de Peinture de Charles-Alphonse Du Fresnoy, traduit en François, avec des remarques necessaires et tres-amples

Piles, Roger de · p. 73-74

La peinture est un long pelerinage ; vous avez beau faire tous les preparatifs necessaires pour vostre voyage, vous avez beau vous informer des passages difficiles, si vous ne vous mettez en chemin, vous n’y arriverez jamais ; et comme il seroit ridicule de vieillir dans l’estude de chaque partie necessaire à un art qui embrasse tant de choses ; aussi de mettre la main à l’œuvre sans les sçavoir, ou bien apres les avoir trop legerement passées, c’est s’exposer à la risée des connoisseurs, et faire voir qu’on n’est guere sensible à la gloire. Plusieurs disent qu’il n’y a qu’à travailler pour devenir habile, et que la theorie ne fait qu’embarrasser l’esprit et retenir la main : ces gens-là font justement comme les escureüils qui tournent la roüe qui leur sert de cage ; ils courent bien vite, ils se lassent fort, et n’avancent point du tout. Il ne suffit pas pour bien faire d’aller viste (dit Quintilien), mais pour aller viste, il suffit de bien faire. C’est une méchante excuse de dire : Je n’y ay esté que tres-peu de temps. Cette belle facilité, ce feu celeste qui donne l’esprit à l’ouvrage, ne vient pas tant d’avoir souvent fait, que d’avoir bien entendu ce que l’on a fait. Voyez ce que je dis sur le 51. Precepte, qui est de la Facilité. Il y en a d’autres, qui croient les preceptes et la theorie absolument necessaires ; mais comme ils ont esté mal instruits, et que ce qu’ils sçavent les brouille plûtost qu’il ne les éclaire, ils s’arrestent souvent tout court, et s’ils font quelque ouvrage, ce n’est pas sans chagrin et sans peine : et dans la verité, ils sont bien plus dignes de compassion, qu’ils sont bien intentionnez ; et s’ils n’avancent pas tant que d’autres, et qu’ils demeurent quelque-fois tout court, je les trouve fondez en quelque sorte de raison ; car il est du bon sens de n’aller pas si viste, quand on se croit égaré, ou que l’on doute du chemin que l’on doit tenir. D’autres au contraire, estant instruits des bonnes maximes et des bonnes regles de l’art, apres avoir fait de fort belles choses, les gastent ensuite à force de vouloir mieux faire, et s’enyvrent tellement de leur ouvrage à force d’estre dessus, qu’ils se laissent tromper par l’apparence d’un bien imaginaire. Pline 35. 10 Apelle admirant un jour le prodigieux travail qu’il voyoit dans un tableau de Protogene, et connoissant combien il avoit sué à le faire, fit que Protogene et luy estoient bien d’égale force, et qu’il luy cedoit même en quelque partie ; mais qu’il le surpassoit en ce que Protogene ne pouvoit se tirer de dessus son ouvrage, et disoit comme par un précepte qu’il vouloit que tous les peintres imprimassent bien avant dans leur memoire, qu’à force de chercher et de vouloir terminer les choses, on se faisoit souvent un prejudice tres-notable. Il y en a (dit Quintilien) qui ne se satisfont jamais, et qui ne sont pas contents de l’expression qui s’est rencontrée la premiere ; ils veulent tout changer, en sorte qu’on ne reconnoisse plus rien de leur première idée. On en voit d’autres (continuë-t-il) qui ne peuvent se croire eux-mesmes, ni se déterminer, et qui étant pour ainsi dire brouillés avec leur Genie, s’imaginent que c’est une loüable exactitude, que de former des difficultez dans son ouvrage ; et en verité c’est une chose assez difficile, de dire lesquels de ceux-là pechent plus griévement, ou de ceux qui sont amoureux de tout ce qu’ils produisent, ou de ceux à qui rien ne plaist. Car il est arrivé à de jeunes hommes, souvent mesme à ceux qui avoient le plus d’esprit, de le consumer et de le perdre dans la peine qu’ils se sont donnée, et d’estre tombez jusques dans l’assoupissement par le trop grand desir de bien faire. Voicy comment on doit se comporter en semblables rencontres. Il faut à la verité faire tout notre possible pour mettre les choses dans la derniere perfection ; mais neantmoins que ce soit selon nostre portée et selon nostre verve ; car pour s’avancer, il est bien vray qu’il faut du soin et de l’estude ; mais cette estude ne doit pas estre mêlée d’opiniâtreté ni de chagrin ; c’est pourquoy, si le vent nous est favorable, il y faut donner les voiles, et il arrivera quelque-fois que nous suivrons des mouvemens où la chaleur a plus de pouvoir que le soin et l’exactitude : pourveu que nous n’abusions pas de cette licence, et que nous ne nous y laissions pas tromper : car toutes nos productions nous plaisent au moment de leur naissance.

1668Publication originale
françaisTexte 1025 · Source 288

L’Art de Peinture de Charles-Alphonse Du Fresnoy, traduit en François, avec des remarques necessaires et tres-amples

Piles, Roger de · p. 140-142

Aussi bien que les choses qui paraissent être faites avec cette facilité. Cette facilité attire d’autant plus nos yeux et nos esprits, qu’il est à presumer qu’un beau travail qui nous paroist facile, vient d’une main sçavante et consommée. C’est dans cette partie qu’Apelle se sentoit plus fort que Protogene, lorsqu’il le blâmoit de ne savoir pas retirer la main de dessus son tableau, et de consumer trop de temps à son ouvrage. Et c’est pour cela qu’il disoit hautement, Que ce qui portoit plus de prejudice aux peintres, estoit le trop d’exactitude, et que la plupart ne sçavoient pas connoistre ce qui étoit ASSEZ. Il est vray que cet ASSEZ est difficile à connoistre. Ce qu’il y a à faire, est de bien penser à votre sujet, et de quelle maniere vous le traiterez selon vos regles et à force de votre Genie, et ensuite de travailler avec toute la facilité et toute la promptitude dont vous serez capable, sans vous rompre si fort la teste, et sans être si industrieux à faire naistre des difficultés dans votre ouvrage. Mais il est impossible d’avoir cette facilité, sans posséder parfaitement toutes les regles de l’art, et s’en estre fait une habitude ; car la facilité consiste à ne faire precisément que l’ouvrage qu’il faut, et à mettre chaque chose dans sa place avec promptitude : ce qui ne se peut sans les regles, qui sont des moyens assurez pour vous conduire, et pour terminer vos ouvrages avec plaisir. Il est certain, contre l’opinion de plusieurs, que les regles donnent de la facilité, de la tranquillité et de la promptitude dans les esprits les plus tardifs, et que ces mesmes regles augmentent et dirigent cette facilité dans ceux qui l’ont déjà receüe d’une heureuse naissance. […] Remarquez, s’il vous plaist, que la facilité et la diligence, dont je viens de parler, ne consistent pas à faire ce qu’on appelle des traits hardis, et à donner des coups de pinceau libres, s’ils ne font un grand effet d’une distance éloignée. Cette sorte de liberté est plûtost d’un maistre à écrire que d’un peintre. Je dis bien davantage, il est presque impossible que les choses peintes paroissent vrayes et naturelles, quand on y remarque ces sortes de traits hardis : et tous ceux qui ont le plus approché de la nature, ne se sont pas servis de cette maniere de peindre. Tous ces cheveux filez et ces coups de pinceau qui forment des hachures, sont à la verité admirables : mais ils ne trompent pas la veuë.

1674Publication originale
françaisTexte 4667 · Source 676

Réflexions sur la poétique d’Aristote, et sur les ouvrages des poètes anciens et modernes

Rapin, René · p. 35-36

C'est un grand talent que de ne pas dire tout ce qu'on pense, et de laisser penser aux autres ce qu'il faut, pour les occuper. On ne sçait pas d'ordinaire jusques où il faut pousser les choses. Un homme d'un genie accompli s'arreste regulierement où il faut s'arrester, et retrancheAmbitiosa recidet ornamenta. Horat. Poët. couragement ce qu'il faut retrancher. C'est un grand defaut que de ne pouvoir finir, dont ApellePlin. lib. 35. c. 10 blâmoit si fort Protogene. Cette moderation n'est que des grands hommes: les esprits du commun ne la connoissent pas: et quoy qu'on en dise, il n'y a qu'Homerre et Virgile qui sçachent finir les choses, où il les faut finir.

1675Publication originale
françaisTexte 1026 · Source 390

Remarques sur les Nouvelles réflexions touchant la Poëtique

Vavasseur, François · p. 35-37

voir aussi Parrhasius contours Il y a une maniere de finir un ouvrage qui consiste à retrancher ce qui mesme ne devroit pas sembler superflu ; à s’arrester tout court, comme au milieu de son travail, le dessein neanmoins estant achevé, à laisser penser aux autres ce qu’il faut, et ne pas exprimer tout ce qu’on pense. C’est ainsi que Parrhasius finissoit ses tableaux, en faisant toujours attendre quelque chose au-delà de ce qu’il executoit ; et la grande loüange que donnoient ceux de sa profession à sa peinture, estoit que les derniers lineaments de ses tableaux, et les figures des corps, qui en effet n’estoient pas achevez, donnoient plus à penser qu’elles ne representoient d’elles-mêmes, Confessione artificum, dit Pline, in lineis extremis palmam adeptus. Ambire enim debet se extremitas ipsa, et sic desinere, ut promittat alia post se, ostendatque etiam quæ occultat. Je vous demande maintenant, Monsieur, n’est-ce pas là ce que vous appelez sçavoir finir ? Et n’est-ce pas le grand talent, dont vous parlez, qui n’est que des grands hommes, et des génies extraordinaires ? Mais sçachez qu’il est une autre maniere de sçavoir finir, que vous confondez avec celle-cy, et qui ne peut mieux se faire voir que par son contraire. C’est un trop grand soin, et une trop grande exactitude, qui gaste plus qu’elle n’aide : c’est d’estre toujours apres son ouvrage, de n’avoir jamais fait, de se chicaner, pour ainsi dire, soy-mesme, enfin de vouloir mieux faire qu’on ne peut. Apelles se donnoit la gloire de pouvoir finir, quand il lui plaisoit ; ajoutant au contraire que Protogene estoit bien à la vérité son pareil, et que mesme il le surpassoit en quelque chose ; mais qu’il avoit ce desavantage, qu’il ne pouvoit quitter le pinceau. Comme s’il eust voulu donner cét excellent precepte aux maîtres de son art, et mesme à ceux de chaque profession, que trop d’étude, de travail et d’application, estoit souvent préjudiciable. Et aliam gloriam Apelles usurpavit, cum Protogenis opus immensi laboris ac curae supra modum anxiae miraretur. Dixit enim omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora : sed uno se praestare, quod manu mille de tabula nesciret tollere : memorabili praecepto, nocere saepe nimiam diligentiam. C’est, Monsieur, de ces deux manieres de sçavoir finir, qui sont fort differentes, comme vous voyez, que vous n’en faires qu’une : quoyque Pline, dont vous vous servez, les distingue parfaitement.

1678Publication originale
néerlandaisTexte 1027 · Source 175

Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Hoogstraten, Samuel van · p. 236

Maer om wederom van de beytelslagen tot de pinseel streeken over te gaen, zoo zeggen wy in’t algemeen, dat zy gelukkich zijn, die met een wakkere hand, terwijl de geest noch onvermoeit is, hunne werken kunnen ten einde brengen; want hun komt Apelles roem toe, die van hem zelfs zeyde, dat hy hier in den noit voldanen Protogenes overtrof, dat hy van zijn werk wist af te scheiden,’t welk den anderen zwaer viel; want hy zeeven jaeren over zijnen Jalysus bezich was; schilderende zijn dingen dikwils viermael over. Veelen mochten nu Apelles wel in’t afscheiden van hun werk navolgen.

françaisTraduction 1028

Hoogstraten, Samuel van — Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Mais pour, après les coups des ciseaux, en revenir aux touches du pinceau, nous dirons de façon générale que ceux qui, d’une main vive (tant que leur esprit n’est pas encore las), peuvent achever leurs œuvres ont de la chance. Il leur revient en effet la célébrité d’Apelle qui disait de lui-même qu’il avait en cela surpassé le toujours insatisfait Protogène parce qu’il savait se séparer de son ouvrage, contrairement à Protogène, qui fut occupé durant sept années à son Ialysos et qui peignait souvent certaines choses à quatre reprises. Beaucoup devraient maintenant imiter Apelle dans sa façon de se séparer de son ouvrage.

1678Publication originale
néerlandaisTexte 1029 · Source 175

Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Hoogstraten, Samuel van · p. 239-240

Zeuxis antwoort Daerom besteede Phidias tijts genoeg in zijne beelden, op dat zijn konst het marber
mocht verdueren, jae hy bleeflang bezich over Minerves pantoffel, Plutarchusvertelt, dat als Agatharchus zich van zijn gezwint schilderen beroemde, Deurwrochte Schildery Zeuxis hier tegen zeyde: En ik beroem my, lang met mijn werk bezich te zijn. Want de schierlijke rasheit en geeft geen bestandige schoonheyt, maer gestadigen arbeyt
en lankheyt van tijdt geeft aen het werk kracht en duerzaemheyt. ’t Welk men wel
waerachtich vind; want vaerdige Schildery is gemeenlijk’t versterven en verschieten
onderworpen: ook zoo zietmen veele stukken der ouden, die met tijdt en vlijt zijn uitgevoert, welke noch als nieuw en versch gedaen schijnen te zijn, daer veele der
nieuwe byna als deur ouderdom vergaen zijn. Daerom zegtmen dat Protogenes zijn beste werken als tegen de oudtheyt gewapent heeft, met dat hyze viermael
met volle verwen overschilderde, op dat, wanneer de bovenste begosten te
verdwijnen, het onderfte werk wederom in volle luister verscheen. Leonardo da Vinsi zegtmen, dat over zijn schoone Mona Lisa vier jaeren bezich was, en haer noch
onvoldaen liet, hy had de minste deeltjes, die de natuer heeft, in haere tronie waergenomen; in het waterachtich blinken der oogen zachmen de kleynste adertjes,
de hairtjes aen d’oogen en winkbraeuwen haere byzondere eygenschappen: men
speurde de zweetgaetjes in het teedere vel: en in de keelput, onder den hals,
zachmen, zoo’t scheen, de pols speelen. Zeker dit kan in leevens groote eenigen
roem waerdich zijn: maer sommige heeft tans den lust tot netticheyt zood anich verleyt, dat zy, zelfs in tweespannebeelden, dergelijke bynae onzienlijke dingen zinneloosselijk bestaen uit te beelden. Deurwrochte werken zijn in’t gemeen beziens waerdich, zegtmen, om dat den konstenaer, tijdt van beraet hebbende, daer in al zijn krachten te werk leyt. Eufranor van Istmos heeft zijn heerlijke werken al zijn leeven lang zoeken te verbeteren: maer of deze verbetering in de netticheit bestaen heeft, staet aen te twijfelen. Want men zelfs met goede reeden te vermoeden heeft, dat de heerlijke stukken van Protogenes, boven geroert, door haere netticheyt ontsiert waren: dewijl Apelles zeyde, dat’er de gratien, die haer ten Hemel mochten voeren, in ontbraeken. Wat my belangt, ik geloof datmen de gratien uit zijn werk wech drijft, als men het te dikwils over schildert. Deze zuivere en Hemelsche Godinnen willen, zoo’t schijnt, niet beplamoot zijn.

françaisTraduction 1030

Hoogstraten, Samuel van — Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

C’est la raison pour laquelle Phidias consacrait suffisamment de temps à ses sculptures, afin que son art pût faire durer son marbre, et qu’il resta même long- temps occupé à travailler sur la pantoufle de Minerve101. Plutarque raconte que, lorsque Agatarchos se vanta de peindre lestement, Zeuxis répondit contre cela : moi, je me glorifie de rester longtemps occupé à mon œuvre. Car la vitesse précipitée ne donne aucune beauté durable. En revanche, le travail continuel et la lenteur donnent à une œuvre de la force et de la durabilité, et l’on considère que cela est vrai. Une peinture prompte est en effet facilement soumise à la corruption et à la décoloration. C’est pourquoi l’on voit de nombreuses œuvres des anciens réalisées en y consacrant du temps et du zèle qui semblent encore avoir été faites récemment et paraissent fraîches, tandis que beaucoup des nouvelles sont presque corrompues comme sous l’effet de l’âge. C’est la raison pour laquelle on dit que Protogène semble avoir armé ses meilleures œuvres contre la vieillesse en les peignant à quatre reprises, avec des couleurs vives, afin que, quand la couche du dessus commencerait à s’effacer, l’œuvre de la couche inférieure réapparaisse dans tout son lustre. On dit que Léonard de Vinci fut occupé à sa belle Mona Lisa pendant quatre années et qu’il l’a encore laissée inachevée. Il avait observé dans son visage les moindres petites parties de la nature. Dans les scintillements humides de ses yeux l’on voyait les plus petites veines, les petits cils des yeux et les sourcils avec leurs propriétés spécifiques. On remarquait les gouttelettes de sueur sur sa tendre peau, et sur sa gorge, sous le cou, on avait l’impression de voir battre le pouls. Il est certain qu’une telle œuvre mériterait à son auteur d’être immensément célèbre. Mais certains ont, de nos jours, tant été tentés par ce désir de fini qu’ils ne font désormais que représenter des choses identiques, presque invisibles et inutiles, même dans des figures hautes de deux empans. Les œuvres travaillées sont ordinairement dignes d’être considérées, dit-on, parce que le peintre, ayant le temps de la réflexion, y a utilisé toutes ses forces. Euphranor de l’Isthme a cherché toute sa vie durant à améliorer ses nobles œuvres, mais l’on peut douter que cette amélioration a également consisté dans le fini. En effet, on a même de bonnes raisons de supposer que les nobles œuvres de Protogène citées plus haut ont été disgraciées par leur fini, puisqu’Apelle disait que les grâces qui auraient pu les élever jusqu’au ciel leur manquaient. Pour ce qui me concerne, je crois que l’on détourne les grâces de leur œuvre lorsqu’on repeint trop souvent. Il semble que ces pures déesses célestes ne veulent pas être trop souvent sollicitées.

1678Publication originale
néerlandaisTexte 1031 · Source 175

Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst

Hoogstraten, Samuel van · p. 320-321

Men moet zich ook wel wachten, als eens zijn best gedaen heeft, alles te willen veranderen. Zy zijn zeer ongelukkich, die’t geen hun in’t eerste wel gevalt, t’elkens wederom verwerpen, en iets geheel van’t vorige verschillende by de hand neemen. Want zy doen haer verstand door een verkeert misvertrouwen grootelijx te kort, zoo dat ik naeulijks weet, of hy, dien al wat hy doet wel aenstaet, of dien niets met allen vernoegt, wijtst verdoolt is. Den over-naerstigen bootseerder Apollodorus kreeg somtijts zoo quaeden gevoelen van zijn eygen werk, dat hy veeltijts zijne volmaekte beelden aen stukken sloeg; waerom hy onder de wandeling den dollen Apollodorus genaemt wiert. Callimachus mede altijts zijn werk verbeteren willende, maekte’t arger, en wiert daerom Kakoziteknus gebynaemt. Zijn werk al te zeer te pijnigen maekt het zelve zwaermoedich, het is ook onmogelijk dat de viericheyt des geests alrijts eeven fris zouw blijven. Apelles beroemde zich, dat hy Protogenes daer in overtrof, dat hy van zijn werk kon afscheiden. Het is een meesterlijk teyken, als iemant de deugden, die hy in’t begin in zijn stuk gebracht heeft, tot den eynde toe kan bewaeren. Het geen alreede wel is, behoeft geen verbetering, en die het geen, dat goet is, ongeschonden laet, geeft te kennen dat hy’t verstaet. Daerom hebben groote meesters ook wel dingen, die in’t eerste aenleggen een gelukkige welstant hadden, onopgemaekt gelaten, van vreeze dat zy die zouden bederven. Zoo kan’t ook gebeuren dat de grondverwe uwes doeks of paneels in't koloreeren te pas komt, en met eenige duwkens geholpen, uwen arbeyt verlicht.

1681Publication originale
françaisTexte 1033 · Source 151

Des peintres anciens et de leurs manières

Germain · p. 121

suit Protogène Ialysos Appelles l’ayant vu, ne put se défendre de l’admirer, et de reconnoître publiquement, malgré sa vanité, et l’estime qu’il avoit de soi-même, par-dessus tout autre peintre, que Protogenes l’égaloit en plusieurs points, et particulièrement en ce dernier chef-d’œuvre de sa main. Mais que cependant lui-même le surpassoit en deux choses ; la premiere, en ce que ses peintures avoient je ne sçais quelle grace que celles de Protogenes n’avoient pas ; et la seconde, en ce qu’il sçavoit interrompre facilement son travail, ce que cet autre ne faisoit qu’avec peine.Note de Cochin, 1760 : Ce n’est point le sens du mot d’Appelles. Il signifie que Protogenes s’obstinant à un fini extrême, ne sçavoit point dire, c’est assez.

1685Publication originale
anglaisTexte 1034 · Source 5

Painting Illustrated in Three Diallogues, Containing Choice Observations upon the Art

Aglionby, William, · p. 23-24

FRIEND — I have heard painters blamed for finishing their pieces to much: how can it be?

TRAVELLER — Very well: for an over diligence in that kind, may come to make the picture look too like a picture, and loose the freedom of nature. And it was in this, that Protogenes, who was, it may be, superiour to Apelles, in every part of painting; besides, was nevertheless outdone by him, because Protogenes could hardly ever give over finishing a piece. Whereas Apelles knew, when he had wrought so much as would answer the eye of the spectator, and preserve the natural. This the Italians call, working A la pittoresk, that is boldly, and according to the first incitation of a painters genius. But this requires a strong judgment, or else it will appear to the judicious, meer dawbing. 

1685Publication originale
latinTexte 1035 · Source 309

Caii Plinii Secundi Naturalis historiae libri XXXVII. Interpretatione et notis illustravit Joannes Harduinus,... in usum Serenissimi Delphini

Pline l’Ancien; Hardouin, Jean · p. 207

Et aliam gloriam usurpavit, cum Protogenis opus inmensi laboris ac curae supra modum anxiae miraretur. Dixit enim, omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora : sed uno se praestare, Quod manum ille. Cicero in Orat. num. 73. In quo Apelles pictores quoque eos peccare dicebat, qui non sentirent, quid esset satis.quod manum ille de tabula non sciret tollere : memorabili praecepto, NOCERE SAEPE NIMIAM DILIGENTIAM. 

1687Publication originale
françaisTexte 1036 · Source 82

Traité de la peinture

Catherinot, Nicolas · p. 4

voir aussi Apelles faciebat La peinture est quelque chose d’infini. Quand on sçait tout, on ne sçait point encore assez. Protogene ne pouvoit lever la main de dessus ses tableaux, et il ne se contentoit jamais. Les peintres n’inscrivoient point fecit, mais faciebat. Léonard de Vinci dans la Cène qu’il a peinte à Milan, est demeuré court au visage de notre Seigneur. Il ne la pas achevé, ne pouvait l’achever assez dignement. Il a esté quelquefois avantageux de ne point finir, personne n’osant le faire, apres la main du maître. Pline en raporte des exemples.

1694Publication originale
latinTexte 1037 · Source 846

De pictura veterum

Junius, Franciscus · p. 128-129

[sommaire, p. 124] §7. Quemadmodum igitur minime sunt excusandi, qui nimium opera sua praecipitant, ita quoque moleste ac fastidiose pingentes, detrimentosae tarditatis crimen effugere nequeunt. Nesciunt quod bene cesserat relinquere, et minima quaeque momenta foecundissimae artis importuna sedulitate calumniantes, varietatis commendationem inter tam delicatas epulas praepostere quaerunt ex embammate. Merentur hic reprehensionem, quotquot operum suorum brevitatem et copiam lenta severaque censura maligne prorsus excindunt. Abunde nunc de iis egimus, quorum festinatio temeritatis crimine laborat : restat ut attingamus etiam eos, quorum nimia cura tarditatis notam subit. Neque enim a praecipiti temerariae festinationis cursu candidatos artis eo inhibui, ut aliquousque jam progressos ad infelicem calumniandi se poenam rursus alligarem. Nam quomodo quaeso tantae arti tandem aliquando sufficient, qui singulis partibus ejus insenescunt ? Cessator esse noli, inquit Cicero ad Quintum fratrem libro III, epist. 6, et illud γνῶθι σεαυτὸν, noli putare ad arrogantiam minuendam solum esse dictum, verum etiam ut bona notit, sicuti ait L. Crassus apud Tullium, libro tertio de Oratore. Plurimum interim obest anxius limae labor et mora. Finem hunc spectabit artifex, ut videatur optumum argumentum optume expressisse : et abunde pinxit bene, qui materiae satisfecit : Quintil. XX, 9. Quicquid in suo genere satis effectum est, valet, Quintil. VIII, 3. Peritus artifex, si qua

Desperat tractata nitescere posse, relinquit Horat. De arte.

Maximamque in eo semper curam ponit, ne curam fassus incidat in κακοζηλìaν ὑπερβαινόντων τὸν μέτρον τῆς μιμήσεως καὶ πέρα οὐ δέοντος ἑπιτεινόντων: Pravam affectationem imitationis modum transgreientium, et aequo vehementius eam intendentium, Lucian. de Staltatione. Neve Nimia contra se calumina vetum sanguinem perdat, Quintil. X, 1. Etenim in augustissimis accuratae artis operibus, Ὥσπερ ἐν τοῖς ἄγαν πλούτοις, εἴναι τι χρὴ καὶ παρολιγωρούμενον, Quemadmodum in nimiis divitiis, necesse est aliquid ferme negligi, Dionys. Longinus Πέρι ὕψους, §29. Negligentia quaedam appareat, et habebit pictura quandam ex illa vitii similitudine gratiam : ut in cibis interim acor ipse jucundus est. Quibusdam tamen nullus finis calumniandi est, et cum singulis pene lineis commorandi, qui etiam cum optima sint reperta, quaerunt aliquid quod sit melius ; neque intelligunt κακόζηλον Perversa affectationis fœditate notabile esse, quicquid est ultra virtutem ; quoties ingenium judicio caret, et specie boni fallitur ; omnium in arte vitiorum pessimum ; nam caetera cum vitentur, hoc petitur, Quint. VIII, 3. Sunt ergo quibus nihil sit satis ; omnia mutare, omnia aliter formare, quam occurrerit, volunt : increduli quidam et de ingenio suo pessime meriti, qui diligentiam putant, facere sibi operis difficultatem. Nec promptum est dicere, utros peccare validius putem, quibus omnia sua placent, an quibus nihil. Accidit enim etiam generosis adolescentibus frequenter, ut labore consumantur, et in corporem usque descendant nimia bene faciendi cupiditate. Ita se res habet : curandum quidem est ut quam optime faciamus, faciendum tamen pro facultate. Ad profectum enim opus est studio, non indignatione. Quare, si ferat flatus, danda sunt vela : et aliquando sequemur affectus, in quibus fere plus calor, quam diligentia valet : dummodo nos indulgentia illa non fallat. Omnia enim nostra nobis, dum nascuntur, placent. Quintil. X, 3.

II, 11, 8 [sommaire, p. 124] : §8. Ratio tamen emendationis videtur subinde brevem aliquam moram postulare : non tantum ut ad limam asperiorem revocemus ea quae nobis subito calore et quadam festinandi voluptate effluxerant, verum etiam ut intentionem fatigatam qualicunque interstitione reparemus.

II, 11, 9 [sommaire, p. 124] : §9. In operibus nostris interdum (quod et in summa fermium ubertate rustici falce compescunt) inest luxuries quaedam stilo depascenda. Fidelius tamen feliciusque defunguntur hac cura, qui opera sua post aliquam intercapedinem, veluti aliena aut nova, retractant.

II, 11, 10 : [sommaire, p. 124] §10. Inter praecipitem concitae festinationis impetum et pigrum languidae cunctationis torporem, medio quodam ac maxime laudabili temperamento non male consulunt arti, quotquot vitatis omnibus nobilissimae artis compendiis, ex praescripto impt. Augusti lente sibi festinandum esse cogitant.

1697Publication originale
italienTexte 1040 · Source 338

La Pittura in giudicio overo il bene delle oneste pitture e’l male delle oscene

Rosignoli, Carlo Gregorio · p. 112-113

Benche gli angioli habbiano dato a divedere il lor affetto in ogni sorte di sacre pitture : nondimeno in quelle della Reina del Cielo si sono più segnalati. Di molti esempi ne sceglierò un solo, pieno d’altri saggi documenti. Giacomo Serpentino vivea nella Corte di Lodovico Re di Polonia, ove si diè a dipignere con tant’eccessivo studio, e diligenza troppo nociva, Plin. l. 35. c. 10.Ut manum ille de tabula nesciret tollere : memorabili præcepto, nocere sæpe nimiam diligentiam : come di Protogene disse Apelle. Imperoche il soverchio lavoro egli cagionò un male sì pernicioso agli occhi, che rimase poco men che cieco. Usò tutti i rimedi umani : ma riuscendogli senza prò, hebbe ricorso a’ divini. Portossi alla miracolosa imagine di Nostra Signora in Cesticovia : ove genuflesso con umilissimi prieghi supplicò la benignità di lei a restituirgli la vista ; affinche potesse in avvenire impiegar il suo pennello in divote pitture. La Vergine, che si chiama Aurora consurgens, pulchra ut Luna, electa ut Sol, fu prontissima a rendergli la luce degli occhi. Della qual gratia egli lietissimo, fe’ incontanente voto d’usar la prima sua industria in ricopiar al naturale la medesima effigie della sua Sanatrice.

1699Publication originale
françaisTexte 1041 · Source 129

Traité sur la peinture

Dupuy du Grez, Bernard · p. 55

suit Apelle grâce IlApelle. se piquoit encore d’une autre qualité, lorsqu’admirant un ouvrage de Protogene, fait avec beaucoup de travail et de jugement : il dit qu’il égaloit ce peintre en toutes choses : mais qu’il le surpassoit en ce qu’il savoit retirer la main de dessus ses tableaux ; pour faire souvenir de ce precepte, que la trop grande exactitude peut porter du préjudice aux ouvrages de peinture. On a écrit de lui qu’il ne laissoit passer aucun jour, sans dessiner ou contourner quelque chose. [...] voir Apelle banquet de Ptolémée On remarque de Protogène qu’il étudioit extremement ses ouvrages, et qu’il avoit de la peine à les quitter.

1699Publication originale
françaisTexte 1042 · Source 287

Abrégé de la vie des Peintres, avec des reflexions sur leurs ouvrages, et un Traité du Peintre parfait, de la connoissance des Desseins et de l’utilité des Estampes

Piles, Roger de · p. 124

Quoy qu’Apelle fût fort exact dans son ouvrage, il savoit jusqu’à quel point il devoit travailler sans fatiguer son esprit. Il dit un jour, parlant de Protogéne, qu’il étoit habile, mais qu’il gâtoit souvent les belles choses qu’il faisoit à force de les vouloir perfectionner ; qu’il ne savoit pas quitter son travail, que le trop étoit plus à craindre que le trop peu, et que c’étoit être bien savant que de savoir ce qui suffit.

1699Publication originale
Langue non renseignéeTexte 1043 · Source 287

Abrégé de la vie des Peintres, avec des reflexions sur leurs ouvrages, et un Traité du Peintre parfait, de la connoissance des Desseins et de l’utilité des Estampes

Piles, Roger de · p. 127-128

IlProtogène. finissoit éxtrémement ses tableaux. Apelle dit de luy, qu’il ne savoit pas se retirer de dessus son ouvrage, et qu’à force de le travailler il en diminuoit la beauté, et fatiguoit son esprit. Il vouloit que les choses peintes parûssent vraies, et non vraisemblables : ainsi à force d’éxiger de son art plus qu’il ne devoit, il en retiroit moins qu’il n’auroit pû faire. suite : Protogène Ialysos

1715–1724Publication originale
espagnolTexte 1045 · Source 266

El museo pictórico y escala óptica

Palomino, Antonio · vol. 1, p. 177-178

Y verderamente, el que no consigue esta singular gracia, aunque exprese todo el natural, mucho malogra en el común concepto, y en la integridad perfecta del arte: mas como pende de la rectitud del ingenio, no se conseguirá perfectamente, sino es por especial don de la Naturaleza; pero podrá excitarse con lo dicho, y con algunas observaciones, que se pondrán en su lugar: previniendo desde ahora, que la desmasiada diligencia, y cuidado, cuanto sirve a la admiración, tanto le defrauda del deleite, buen gusto, gracia, y donaire, que en gran parte pende de una natural, y no afectada facilidad. Así fue reprendido Calímaco, por nimio en la diligencia, y cuidado, siempre calumniador de sí mismo, especialmente en las Lacenas danzando, obra por él repetidamente enmendada; pero en la cual su demasiada diligencia, le quitó la gracia. Lo mismo casi sucedía a Protógenes, según el dictamen de Apeles, que confesándole igual, y aun superior en otras cosas, le juzgaba, inferior a sí; porque Protógenes no acertaba a desviar la mano de la tabla; percepto memorable, para calificar, lo que daña a el buen gusto la demasiada diligencia: como asimismo lo excita un natural descuido, y facilidad.

1715Publication originale
anglaisTexte 1046 · Source 330

An Essay on the Theory of Painting

Richardson, Jonathan · p. 167-168

The more remote anything is supposed to be, the less finishing it ought to have. I have seen a fringe to a curtain in the background of a picture, which perhaps was half a day in painting, but might have been better done in a minute. There is often a spirit, and beauty in a quick, or perhaps an accidental management of the chalk, pen, pencil, or brush in a drawing, or painting, which ‘tis impossible to preserve if it be more finish’d ; at least ‘tis great odds but it will be lost : ‘Tis better therefore to incur the censure of the injudicious than to hazard the losing such advantages to the picture. Apelles comparing himself to Protogenes said, Perhaps he is equal, if not superior to me in some things, but I am sure I excel him in this : I know when to have done.

3 septembre 1718Date de rédaction
françaisTexte 4553 · Source 905

Lecture d’un chapitre à la louange de la peinture de L’institution de la République de Patrizi, le 3 septembre 1718 à l’Académie royale de peinture et de sculpture

Patrizi, Francesco (da Siena) · p. 158

Et quant à Apelle , il a toujours été grand observateur de la bienséance et honnêteté, donnant à chaque personnage qu’il peignait sa grâce et maintien, craignant d’offenser en son art, ou par avancer trop, ou par retrancher quelque peu de la grâce de l’image pourtraicte. En quoi il disait que les autres peintres faillaient pour ce qu’ils ne s’apercevaient point de ce qui suffisait. Sa prudence et dextérité d’esprit se montra principalement lorsqu’il peindit l’image d’Antigonus, laquelle il montra seulement d’un côté, afin que la déformité de son œil, qu’il avait perdu, ne se montrât.

1725Publication originale
françaisTexte 1047 · Source 131

Histoire de la peinture ancienne, extraite de l’Histoire naturelle de Pline, liv. XXXV, avec le texte latin, corrigé sur les mss. de Vossius et sur la Ie ed. de Venise, et éclairci par des remarques nouvelles

Durand, David · p. 64

suit Apelle grâce C’est ainsi qu’avec une ingénuité digne du vrai mérite, il se plaçoit lui-même au-dessus de tous les peintres de son siécle, sur un talent qui ne s’acquiert point. Mais comme Protogene étoit celui de tous ses contemporains, qui pouvoit, avec le plus de fondement, entrer en concurrence avec lui, sur le fait de la peinture, voici de quelle manière il fit sentir aux connaisseurs la supériorité qu’il avoit sur le peintre de Rhodes : car sur ce qu’on lui faisoit regarder, un jour, une pièce excellente de ce dernier, où, en effet, il y avoit un travail immense, et qui ne pouvoit venir que d’une application d’esprit éxtraordinaire et peut-être excessive, il s’en expliqua de cette sorte : Protogene et moi, nous possédons à peu près, dans un même degré, les diverses parties de la peinture, et peut-être même, qu’il en sçait plus que moi sur bien des choses, que je lui laisse. Mais enfin il y a un article considérable, où je l’emporte sur lui, c’est qu’il ne sçait pas quitter le pinceauLa I. de Venise porte, c’est qu’au moins je sçai quitter le pinceau. Voy. Nos remm.. Paroles mémorables, et d’où nous pouvons recueillir cette maxime de la derniere utilitéCiceron et Quintilien ont fait honneur à Apelle de cette maxime, et l’ont appliquée à l’éloquence : on le verra dans nos remarques. : c’est qu’il n’y a rien de plus nuisible à nos meilleurs ouvrages, qu’une éxactitude trop rigoureuse, et pour ainsi dire, trop peinée. Mais si Apelle avait beaucoup de capacité dans son art, et beaucoup d’ingénuité à reconnoître son propre mérite, il faisoit voir autant de lumière et de droitureEn cette considération, on peut lui pardonner sa franchise sur le reste., quand il s’agissoit de prononcer sur le mérite des autres, lors même que c’était sur certains points où il se mettoit au-dessous d’eux.

Notes sur le texte latin, p. 259-260 :

(Q) Cum Protogenis opus immensis laboris, ac curae supra modum. M. Felibien croit que ce tableau de Protogène étoit son Ialysus, dont il sera parlé en son lieu ; quoique Pline ne le dise pas. Cependant, comme ce tableau étoit à Rhodes, et qu’Apelle y fit un voyage exprès pour voir les chefs-d’œuvre de Protogène, il est assez vraisemblable que la chose se passa comme dit Plutarque, dans la vie de Demetrius : « Car on dit que Protogène demeura sept ans à le parfaire, et dit-on encore plus, qu’Apelles lui-même, quand il le vit, fut si fort esprins d’esbahissement, que la parole lui faillit et demeura un long espace sans mot dire, et qu’à la fin il lui dit : Voilà un ouvrage admirable et un très grand labeur ; mais les Grâces lui défaillent, pour lesquelles ceux que je peings atteignent jusques au Ciel. Voilà cet opus immensi laboris. Pour ce qui est de ce curae supra modum anxiae, qui éxprime si bien la délicatesse, ou plustôt la morosité d’un artisan, qui aspire à la perfection, notre auteur en fait encore mention au sujet du même tableau, anxio animi cruciatu, cum in pictura verum esse, non verisimile vellet. Ci-dessous à l’article de Protogene.

(R) Sed uno se praestare, quod manu mille de tabula non sciret tollere. C’est la leçon du MS de Voss. La I. ed. est ici fort differente de toutes les autres : sed uno se praestare, quia manum de tabula sciret tollere ; mais il y a un article, où je l’emporte sur lui, c’est qu’au moins je sçai quitter le pinceau. Ce tour revient assez à l’ingénuité du personnage. Quoi qu’il en soit, notre auteur a raison d’ajouter à ce propos, memorabili praecepto, nocere saepe nimiam diligentiam : il faut que tout ce que nous faisons ait un air libre, dégagé, naturel, et qui ne paroisse pas nous avoir coûté. Pour cela, il faut que tous les traits soient nécessaires, et qu’il n’y ait rien de superflu. Si vous allez au-delà, vous gâtez l’ouvrage, vous l’énervez, vous rompez la vivacité des traits, et j’ai ouï dire à un très habile homme, Qu’il seroit à souhaiter qu’un peintre réussit dès les premiers coups, sans être obligé de les retoucher, et encore moins de les réformer. Il n’en est pas de même de la poësie et de l’éloquence, parce qu’on y peut toûjours revenir, avant la publication. Cependant il faut aussi que chaque piéce ait ses justes bornes : In omnibus rebus videndum est QUATENUS : et si enim suus quisque modus est, tamen magis offendit nimium quam parum : in quo Apelles pictores quoque eos peccare dicebat, qui non sentirent  QUOD ESSET SATIS. CICER. In Oratore. QUINTILIEN est du même avis : Sit igitur aliquando quod placeat, aut certe quod sufficiat, ut opus poliat lima, non EXTERAT.

1730–1738Publication originale
françaisTexte 1048 · Source 336

Histoire ancienne, tome XI, livre XXIII

Rollin, Charles · p. 268

suit Protogène et Démétrius : On reprochoit à ce peintre d’être trop difficile et de trop retoucher ses tableaux. Apelle[1] Et aliam gloriam usurpavit Apelles, cum Protogenis opus inmensi laboris ac curæ supra modum anxiæ miraretur. Dixit enim omnia sibi cum illo paria esse aut illi meliora, sed uno se præstare, quod manum de tabula sciret tollere : memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam. Plin. ibid. en effet quoiqu’il le regardât presque comme son maître, en lui attribuant beaucoup d’autres excellentes qualités, lui trouvoit ce défaut, de ne pouvoir quitter le pinceau et finir ses ouvrages ; défaut qui, en matiére d’éloquence, comme dans la peinture, est fort nuisible. IlIn omnibusque rebus videndum est quatenus… in quo Apelles pictores quoque eos peccare dicebat, qui non sentirent quid esset satis. Orat. n. 73. faut en tout, dit Cicéron, savoir jusqu’où on doit aller ; et c’est avec raison qu’Apelle reprochoit à certains peintres de ne pas sentir où il faloit s’arréter.

1730–1738Publication originale
françaisTexte 1049 · Source 336

Histoire ancienne, tome XI, livre XXIII

Rollin, Charles · p. 171-172

Quoique Apelle fût fort exact dans ses ouvrages, il savoit jusqu’à quel point il devoit travailler sans fatiguer son esprit, et ne poussoit point l’exactitude jusqu’au scrupule. Il dit un jour, parlant de Protogéne, qu’il avouoit que ce rival pouvait lui être égalé, ou même préféré pour tout le reste, mais qu’il ne savoit pas quitter le pinceau, et qu’il gâtoit souvent les belles choses qu’il faisoit, à force de les vouloir perfectionner. Parole mémorable, dit Pline, et qui marque qu’une trop grande exactitude devient souvent nuisible !

Ce n’est pas qu’Apelle approuvât la négligence dans ceux qui se méloient de peinture ; il pensoit bien autrement, et pour lui-même, et pour les autres. Il ne passoit aucun jour de sa vie, quelque occupation étrangère qu’il eût d’ailleurs, sans s’exercer au craion, à la plume, ou au pinceau, tant pour se conserver la main libre et légére, que pour se perfectionner de plus en plus dans toutes les finesses d’un art qui n’a point de bornes. suite : Apelle et le peintre trop rapide

1740Publication originale
anglaisTexte 1050 · Source 377

A Treatise on Ancient Painting

Turnbull, George · p. 20

And accordingly, Apelles, far from imagining himself at the top of perfection, continued, after all the advances he had made, and the glory he had justly acquired, indefatigably to aspire after greater excellence in his art. He was thus an example to painters of the earnest and persevering, emulous zeal that alone can perfect the artist and the arts, of diligence and care to improve one’s ideas and taste of beauty and greatness; diligence and ambition to excel one’s self as well as all others: and, at the same time, he, by his modest censure of Protogenes, has left one of the best and most instructive lessons to painters, with regard to that over-carefulness and too rigorous, anxious exactness in correcting and finishing, by which pictures are deadned, dispirited, and lose all grace. He well knew the difference between nicety or concinnity, and true elegance; how necessary to grace and beauty, and the perfection of works of genius and fancy, ease, freedom, and the hiding of art and labour are: he had found the secret of discerning when to stop and lay aside his pencil; whereas Protogenes not knowing when to give over, his works appeared too laboured, and had not the spirit, ease, and grace, that are the great charms in painting: an important lesson in all the arts, and often applied by Cicero and Quintilian to oratory[1] In omnibus rebus videndum est quatenus; etsi enim suus cuique modus est, tamen magis offendit nimium quam parum. In quo Apelles Pictores quoque eos peccare dicebat, qui non sentirent quod esset satis. Cic. Orator n. 22 Et ipsa emendation finem habet. Quint. Inst. Lib. 10. c. 4. Utilissima est dissimulata subtilitas, quae effectu apparet, habitu latet. Senec. In Pro lib. I. Contro..

1740Publication originale
anglaisTexte 1051 · Source 377

A Treatise on Ancient Painting

Turnbull, George · p. 89

voir le reste dans Apelle grâce In fine, the quality which is pronounced by the Ancients most essential to good painting, is called by them Grace. This we are told comprehends truth, beauty, ease, freedom, spirit, greatness, all these are necessary to it; yet it superadds something to them, which it is exceeding difficult to describe by words. We find by their accounts of it, that its greatest opposite is the κακοζηλον, or over-diligence in finishing. The pictures of Protogenes wanted grace, because he did not know when it was time to give over.

1752–1753Date de rédaction
françaisTexte 1053 · Source 90

« Réflexions sur quelques chapitres du XXXVe livre de Pline »

Caylus, Anne-Claude Philippe de Tubières, comte de · p. 201-202

Protogène, cet autre peintre célèbre, étoit de Caune, ville soumise aux Rhodiens ; ses commencemens furent accompagnés de la pauvreté, son application lui tint lieu de maître, car on ne connoît point celui dont il reçut des leçons. Voilà un bel exemple de l’attachement, de l’assiduité et du talent naturel. Summa ejus paupertas initio, artisque summa intentio et ideo minor fertilitas. Ce défaut de facilité, que Pline semble attribuer à la pauvreté et au peu d’éducation de Protogène, fit son malheur, et l’engagea à trop fatiguer ses ouvrages ; il ne savoit pas les quitter. Aussi Apelle fut lui reprocher, quod manum ille de tabula non sciret tollere. Ce défaut a souvent causé le malheur de quelques-uns de nos modernes, et les a jetés dans les glaces. Car il faut savoir se contenter, et se souvenir du beau précepte d’Apelle, nocere sapere nimiam diligentiam ; le trop de soins est souvent dangereux. La peinture n’est pas la seule opération de l’esprit qui doive y faire attention. Carlino Dolce, parmi les Italiens, fournit un exemple de ce danger. La stérilité de son génie égala la propreté de son pinceau.

1752Publication originale
françaisTexte 1052 · Source 187

Dictionnaire portatif des beaux-arts ou abrégé de ce qui concerne l’architecture, la sculpture, la peinture, la gravure, la poésie et la musique

Lacombe, Jacques · p. 529-530

Ce peintre peignoit avec beaucoup de vérité. Il finissoit extrêmement ses ouvrages, et c’étoit même un défaut qu’Apelle lui reprochait.

1765Publication originale
françaisTexte 1055 · Source 179

Encyclopédie, art. « Peintres grecs », tome XII

Jaucourt, Louis de · p. 264

Du reste, Apelle lui reprochoit quelquefois de trop fatiguer ses ouvrages, & de ne sçavoir pas les quitter. Ce défaut a souvent jetté dans le froid quelques-uns de nos modernes. Apelle disoit à son ami, le trop de soin est dangereux ; mais la Peinture n’est pas la seule opération de l’esprit qui doit faire attention à ce précepte.

1768Publication originale
françaisTexte 1056 · Source 120

Dictionnaire portatif des faits et dits mémorables de l’histoire ancienne et moderne, tome 2

· p. 120

suit Apelle au banquet de Ptolémée : Il avoit coutume de dire « que, par rapport à son art, il n’avoit rien en quoi Protogène ne lui fût égal ; que celui-ci même pouvoit le surpasser en quelques parties ; mais qu’il avoit du moins lui-même l’avantage dans un point, en ce que Protogène ne sçavoit pas lever la main de dessus ses tableaux. » Il avoit remarqué que, si ce grand peintre péchoit quelquefois, c’étoit par un excès de correction, et par cette exactitude que Quintilien a depuis appellée ingrate ; défaut essentiel, qui éteint nécessairement le feu du génie. suite Apelle et cordonnier

1772Publication originale
françaisTexte 1057 · Source 136

Traduction des XXXIV, XXXV et XXXVI livres de Pline l’Ancien, avec des notes

Falconet, Etienne · p. 159

suit Apelle grâce : Il se donna encore un autre éloge, en admirant un tableau de Protogènes d’un travail immense, et d’un fini excessif (45) ; car il dit que tout étoit égal du reste entre lui et Protogènes, ou même supérieur chez celui-ci, mais qu’il avoit sur lui un avantage ; c’est que Protogènes ne savoit pas quitter un ouvrage : précepte mémorable, que trop de soin est souvent nuisible.

Notes, t. I, p. 348-349 : (45) Ce tableau de Protogènes pourroit bien être le Ialise. Si c’est lui ; l’observation d’Apelles confirme dans l’opinion que cet ouvrage, qui fut sept ans à faire, étoit d’une exécution très servile, et beaucoup plus le fruit de la patience et de la peine, que celui de l’art et du génie ; ce qui jette au moins un doute sur le mérite absolu de Protogènes, quel que fût le tableau. Être trop longtemps sur un ouvrage, est tout autant le défaut d’un peintre médiocre, que celui d’un habile homme. Un soin trop opiniâtre énerve la meilleure production ; et c’est souvent une très grande faute, que de mettre trop de tems à vouloir ôter toutes ses fautes ; nocere saepe nimiam diligentiam. Il y a un dégré de perfection au-delà duquel on fait perdre à son ouvrage sa vigueur naturelle ; on l’use, on le réduit en langueur. L’autre excès n’est pas moins un grand défaut ; et ce qui résulte de ces deux façons d’opérer, est un fruit verd ou un fruit desséché.

1776Publication originale
françaisTexte 1058 · Source 475

Anecdotes des beaux-Arts, contenant tout ce que la peinture offre de plus piquant chez tous les peuples du monde

Nougaret, Pierre Jean Baptiste ; Leprince, Thomas · p. 217

Apelle remarqua que Protogène péchoit souvent par trop de correction et d’exactitude ; ce qui lui fit dire, que Protogène étoit son égal en bien des choses, et pourroit même toujours le surpasser, s’il savoit quand il faut quitter le pinceau.

2 juin 1783Date de rédaction
françaisTexte 1059 · Source 17

Mémoire sur la vie et les ouvrages d’Apelle

Arnaud, François · p. 172-173

suit Apelle grâce Apelle eut pour les ouvrages de Protogène une estime particulière, et pour sa personne une tendre amitié. À l’aspect du célèbre tableau d’Ialysus, auquel Protogène avait travaillé l’espace de sept années, Apelle se récria sur les beautés de cet étonnant ouvrage, qui eût été le triomphe de l’art, si l’art ne s’y était trop fait sentir. « Protogène m’égale en tout, dit-il, peut-être même me surpasse-t-il à certains égards ; mais j’ai cela au-dessus de lui, qu’il ne sait pas ôter la main de dessus l’ouvrage, et que j’ai toujours présente à l’esprit cette importante leçon : que l’excès de l’intention et les soins trop scrupuleux sont souvent nuisibles. » Cette sollicitude inquiète et si funeste à la grâce ne fut pas particulière à Protogène. Pline nous parle de deux artistes qui la portèrent encore plus loin ; l’un était Apollodore, qui, se jugeant plus sévèrement que n’eût pu le faire son plus cruel ennemi, brisait souvent ses statues après les avoir achevées ; l’autre était Callimaque, que notre historien philosophe appelle ingénieusement calomniateur de lui-même. C’est cette espèce de folie, née souvent d’un trop grand savoir, qui porta le célèbre Michel-Ange à mettre en pièces sa statue de la Pitié, malgré les représentations des connaisseurs les plus éclairés et les plus sévères.

1788–1791Publication originale
françaisTexte 1061 · Source 404

Encyclopédie méthodique. Beaux-Arts

Watelet, Claude-Henri ; Levesque, Pierre-Charles · p. 334

Vers le règne d’Alexandre, on atteignit à la plus haute perfection, en donnant plus de mouvement aux contours et en ôtant à la pierre sa dureté ; les sculpteurs commencèrent alors à étudier la chair et cherchèrent à parvenir à la parfaite imitation de la nature. C’est vraisemblablement à la peinture que la sculpture doit ce dernier effort. Elle-même ne dut approcher de ce degré de perfection que dans l’école de Pamphile ; on peut même croire que beaucoup de choses manquoient encore à cette école ; mais Apelles, son éléve, parut ; il aggrandit le goût de son temps et en ôta toute la sécheresse. Lui-même disoit que chacun des autres peintres en particulier savoit beaucoup, mais que lui seul avoit la grace en partage : il ajoutoit qu’il avoit un grand avantage sur Protogène, celui de savoir le moment où il falloit quitter un ouvrage. Il ne faudroit pas inférer de là qu’il laissoit à ses tableaux quelques négligences, mais qu’il savoit éviter tout ce qui conduit à la sécheresse qui est la suite d’un fini trop recherché.

1788–1791Publication originale
françaisTexte 1060 · Source 958

article « Peinture chez les Grecs », Encyclopédie méthodique. Beaux-Arts

Watelet, Claude-Henri ; Levesque, Pierre-Charles · p. 648

voir aussi Protogène Ialysus On savoit que Protogenes finissoit excessivement ses tableaux ; on savoit qu’Apelles lui reprochoit de ne savoir pas s’arrêter ; et sur ce fondement, on aura établi le récit des sept années employées ait Ialysus.

Iconographie

Œuvres associées

Une galerie compacte, sans recadrage forcé. Les métadonnées absentes restent absentes.

Références

Bibliographie liée

Les identifiants historiques restent visibles pour permettre la vérification scientifique.

  1. Réf. 506

    Barocchi, Paola « Finito e non-finito nella critica vasariana »

    Lieu et maison d’édition : Arte antica e moderna, 1958, n°3, p. 221-235.

  2. Réf. 759

    Clements, Robert J.  « Michelangelo on Effort and Rapidity in Art »

    Lieu et maison d’édition : Journal of the Warburg and Courtauld Institutes