Texte 595
français
Les jugements d’autrui touchent fortement l’esprit de l’écrivain, surtout quand il ne s’y mêle aucun soupçon d’adulation ou de haine ; c’est pourquoi tout vrai poète, comme le dit Cicéron, tient à faire examiner son œuvre par la foule, afin d’amender les passages auxquels plusieurs auront fait des reproches. J’ajoute donc que, si un passage fait l’objet d’éloges, les doctes doivent alors le tenir en estime ; comme le dit le même auteur, les peintres et les sculpteurs avaient l’habitude de faire ce qui a été écrit nommément du prince des peintres, Apelle.